L'ex-banquier de droite Guillermo Lasso et le leader indigène de gauche Yaku Perez, au coude à coude pour la deuxième place au deuxième tour de la présidentielle en Equateur, ont convenu vendredi de demander un nouveau comptage des voix du premier tour."Nous proposons que ce processus (électoral) soit suspendu jusqu'à ce qu'un nouveau comptage se fasse dans les 24 provinces", a déclaré M. Perez, au cours d'une rencontre avec Lasso au siège du Conseil national électoral (CNE) à Quito, dirigée par sa présidente Diana Atamaint. Pendant cette réunion, à laquelle ont aussi assisté d'autres membres du CNE et des observateurs internationaux, le leader indigène a ajouté qu'"aujourd'hui, on a une occasion historique de démontrer au pays qu'il n'y a pas de fraude, que le processus électoral s'est fait de manière transparente", le 7 février. "Je soutiens la proposition du candidat Yaku Perez afin que, dans le cadre de la loi, le dépouillement des votes soit révisé", a ajouté son adversaire de droite. Yaku Perez, un avocat écologiste âgé de 51 ans, qui dénonce une manipulation des voix pour empêcher sa présence au deuxième tour, est à 19,38% des suffrages, après avoir été dépassé mercredi par le conservateur Guillermo Lasso, 65 ans, crédité de 19,74%. L'un d'eux affrontera au second tour, prévu pour le 11 avril, l'économiste Andrés Arauz, 36 ans, le dauphin de l'ex-président socialiste Rafael Correa (2007-2017), en tête du premier tour avec 32,70% des voix, selon le comptage qui ne portait encore vendredi que sur 99,96% des bulletins dépouillés. Diana Atamaint a affirmé que le CNE avait "la responsabilité absolue de rendre des comptes au pays" et que la demande de Perez devait être analysée par le conseil. "Cette situation s'est malheureusement produite et génère des doutes parmi les citoyens", a déploré le CNE, qui a affirmé n'avoir "rien, absolument rien à cacher" quant à l'étroite différence dans le nombre des voix entre Lasso et Perez. Le gouvernement du président Lenin Moreno, qui ne se représentait pas et terminera le 24 mai son mandat de quatre ans, a fait savoir qu'il engagerait "les ressources économiques nécessaires pour le processus de nouveau décompte des votes", selon un communiqué du ministère des Finances. (Belga)