Des centaines de milliers de procès sont en attente en Angleterre et au Pays de Galles, un embouteillage judiciaire "sans précédent" aggravé par la pandémie de coronavirus, ont dénoncé mardi quatre hauts fonctionnaires.Justin Russell, inspecteur en chef de la probation, Thomas Winsor, inspecteur en chef des forces de l'ordre, Charlie Taylor, inspecteur en chef des prisons, et Kevin McGinty, inspecteur en chef du Crown Prosecution Service (CPS), le service chargé des poursuites judiciaires, tirent la sonnette d'alarme. Dans un rapport commun, ils expliquent comment la pandémie a nui au travail de la police, des procureurs, du personnel pénitentiaire et des équipes de probation. "Les retards judiciaires qui s'accumulent sont sans précédent et très graves et constituent le plus grand risque pour la justice pénale", concluent-ils. Le nombre d'affaires en cours devant les tribunaux de la Couronne, chargés de juger les affaires pénales graves, était 44% plus élevé en décembre qu'en février de l'année dernière et certaines audiences ont déjà été repoussées à 2022. Le nombre total d'affaires en cours pour des infractions pénales a légèrement diminué depuis octobre mais il y en a toujours environ 100.000 de plus qu'en février 2020, avant que le pays n'entre dans son premier confinement en mars. Pour réduire ces délais, le Conseil du barreau, qui représente environ 17.000 avocats, a appelé à injecter 55 millions de livres supplémentaires (62 millions d'euros) pour améliorer les tribunaux et augmenter leur capacité. S'exprimant au nom des quatre inspecteurs, M. Russell a souligné que "ces délais signifient que les victimes doivent attendre plus longtemps pour que les affaires soient entendues", que certaines vont "perdre confiance" dans la justice et que "des témoins auront du mal à se souvenir des événements qui se sont déroulés il y a plusieurs mois". Les retards nuisent aussi à la défense des personnes accusées d'infractions pénales, qui sont maintenues plus longtemps en détention provisoire. Pendant ce temps, les détenus continuent de subir un "régime carcéral très restrictif et des délais dans l'accès aux programmes de réhabilitation". (Belga)