Nonante mille Belges ont signé une initiative citoyenne européenne contre l'élevage en cage des animaux de ferme. En Europe, la pétition a recueilli plus d'un million et demi de signatures. L'initiative citoyenne européenne (ICE) "Stop the Cages" avait été lancée en septembre 2018 par 170 associations et ONG de défense des animaux, de l'environnement et de la consommation afin de bannir les cages pour tous les animaux d'élevage alors que 370 millions d'animaux sont élevés dans de telles conditions à l'échelle européenne. En Belgique, 4,15 millions d'animaux sont concernés. Ainsi, 39% des poules pondeuses, soit 3,7 millions au total, sont confinées dans des cages. Afin de récolter un maximum de signatures en Belgique, l'association de défense des animaux Gaia avait lancé l'an dernier la campagne "Exit les cages", dont l'athlète olympique Kevin Borlée était l'un des ambassadeurs. "Il s'agit de la plus grande initiative socio-politique jamais organisée pour le bien-être des animaux d'élevage", a déclaré le président de Gaia, Michel Vandenbosch. "C'est maintenant au tour de la Commission européenne de mettre en oeuvre les changements demandés par les citoyens de l'Union européenne. Nous ne pouvons plus accepter l'élevage en cage, qui est cruel". L'ICE est un outil de participation citoyenne mis au point en 2007 par le traité de Lisbonne et qui permet de saisir la Commission sur des sujets d'initiative populaire. Pour être recevable et valide, et déclencher une réponse de la Commission et du Parlement, une ICE doit avoir recueilli au moins un million de paraphes en un an dans au moins sept pays de l'Union européenne. "Avec un million et demi de signatures comptabilisées par nos soins, nous sommes certains d'avoir au moins un million de signatures qui seront validées par l'UE", a estimé Claire Hincelin, responsable chez Compassion in World Farming (CIWF), l'organisation qui a coordonné le recueil des signatures dans toute l'Europe. Jusqu'à présent, la Commission présidée par Jean-Claude Juncker a enregistré 30 ICE, dont trois ont été rejetées. La plus emblématique demandait l'interdiction de l'herbicide controversé glyphosate. Elle a débouché sur la révision des règles sur la transparence dans le processus d'évaluation des risques en matière de sécurité alimentaire. (Belga)