En Wallonie, l'état de la biodiversité est resté stable sur une période de près de 30 ans, avec des espèces en progression (35%) et d'autres qui régressent (28%), ressort-il également du rapport présenté lundi par le WWF, Natagora, Natuurpunt, la Plateforme Belgian Biodiversity, l'Institut royal des Sciences naturelles, en collaboration avec plus d'une vingtaine d'universitaires, d'institutions publiques et d'organismes de conservation. Pour la première fois, l'état de la biodiversité en Belgique a été calculé sur base de l'Index Planète Vivante (IPV). Cet indicateur a mesuré la variation moyenne de la taille des populations de 283 espèces d'oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles et insectes entre 1990 et 2018 en Belgique. Le résultat est encourageant, puisqu'il montre une augmentation de 0,2% par an avec une stabilité ces 10 dernières années. Dans le cadre de ce rapport inédit, un IPV a également été mesuré pour la Wallonie, qui permet de dégager certaines tendances propres au sud du pays. L'index pour la Wallonie, qui est composé de 249 espèces, dont 93 d'oiseaux, trois de mammifères, 27 de sauterelles et criquets, 45 d'odonates, quatre de reptiles, 10 d'amphibiens et 67 de papillons de jour, reste stable sur 10 ans. Cependant, la situation des oiseaux communs est préoccupante, pointe le rapport. Leurs populations diminuent de 1,3% par an en moyenne. A nouveau, les espèces d'oiseaux vivant en milieu agricole connaissent un déclin particulièrement important (-3% par an). "En 28 ans, les populations d'oiseaux y ont baissé de 57,4%. Cette diminution s'accélère depuis 10 ans, avec une baisse de 5,7% par an depuis 2008", ajoute le document. A l'échelle belge, le déclin des espèces est vertigineux dans les zones agricoles, où les populations d'oiseaux ont chuté de 60,9% en moyenne, mises sous pression par l'intensification des pratiques agricoles. L'alouette des champs par exemple, espèce très abondante jusqu'en 1970, a perdu 70% de ses effectifs belges. Le moineau friquet est également l'une des espèces déclinant le plus. Dans les zones boisées wallonnes, le suivi de 37 espèces, dont 25 d'oiseaux, montre aussi une régression de 1,2% par an. L'évolution est plus encourageante par contre pour les libellules et les demoiselles (+1,4% par an). Les 60 espèces des zones humides observées progressent aussi de 1,3% par an. "Ces chiffres suggèrent que les mesures de restauration des zones humides, telles que les actions mises en œuvre dans le cadre du méta-projet de restauration des tourbières en Ardenne ont un impact bénéfique sur la biodiversité", indiquent les organisations. La légère amélioration mesurée par l'IPV pour la Belgique dans son ensemble "ne compense en rien les lourdes pertes encourues avant les années 1990", alertent par ailleurs les responsables du rapport. "Si nous voulons protéger et restaurer la biodiversité, nous devons produire et consommer plus durablement", et non "privilégier l'agriculture intensive et les cultures à grande échelle". Pour y parvenir, estiment-elles, "il est impératif de revoir les principes qui guident notre agriculture." En outre, des pratiques plus écologiques comme aménager des bandes fleuries et des haies, ont un impact positif sur la biodiversité. (Belga)