Facebook, dont la politique tolérante à l'égard des messages politiques est très critiquée à l'approche du scrutin présidentiel, a ajouté mardi une note d'information à un post de Donald Trump accusant le vote par correspondance de favoriser la corruption. L'intervention du réseau social ne censure pas les propos du président américain et ne les remet pas en cause, elle consiste simplement en un lien vers une site du gouvernement qui explique comment fonctionne le vote par courrier selon les Etats. "Le vote par correspondance, à moins d'être remis en cause par les tribunaux, va conduire à L'ELECTION LA PLUS CORROMPUE de l'histoire de notre Nation! #ELECTIONTRUQUEE" a déclaré Donald Trump sur Twitter et Facebook mardi matin. Twitter n'a pas adossé de lien renvoyant à des articles de vérification des faits sur ce sujet, comme il l'avait fait fin mai pour un message similaire du président. La décision de la plateforme, une première, avait suscité la colère de l'hôte de la Maison Blanche, qui avait signé un décret pour restreindre les marges de manoeuvre des réseaux sociaux. Facebook avait choisi de ne pas intervenir. Mais sous la pression de la société civile, de certains employés et d'une campagne de boycott de nombreux annonceurs, le géant des réseaux est sorti de sa politique binaire du retrait ou du laissez-faire. La plateforme a annoncé fin juin qu'elle pourrait désormais ajouter des avertissements aux publications problématiques, mais laissées en ligne au nom de leur "intérêt à être connues du public". Les réseaux ont toujours affiché la protection et l'encouragement de la participation électorale comme une priorité absolue. Mais l'approche de la présidentielle américaine en novembre cristallise les tensions. La pression pour une meilleure régulation des contenus sur les plateformes monte en puissance depuis 2018, lors de la révélation des scandales de 2016, quand des scrutins majeurs ont été ciblés par de puissantes campagnes de manipulation de l'opinion publique via les réseaux sociaux. (Belga)