Le réseau social américain Facebook a annoncé lundi le lancement en Allemagne, à partir de mai, de sa plateforme d'actualités Facebook News qui diffusera les articles d'une centaine de médias allemands ayant accepté la rémunération du géant de la tech."Facebook News, un lieu dédié au contenu journalistique, va débuter en mai 2021 en Allemagne", a annoncé le groupe de Mark Zuckerberg dans un communiqué. Ce service, lancé fin 2019 aux États-Unis, puis fin janvier au Royaume-Uni, est un fil d'actualités composé uniquement d'articles d'éditeurs de presse, rémunérés par Facebook. Avec ce projet, le groupe affiche sa volonté de promouvoir le journalisme et de se défaire de sa réputation de désinformation. Facebook s'est associé à "plus d'une centaine de marques de médias" en Allemagne, dont les prestigieux Der Spiegel, Frankfurter Allgemeine Zeitung ou encore le quotidien économique Handelsblatt. Manque toutefois un acteur de taille: le groupe Axel Springer, éditeur du tabloïd le plus lu d'Allemagne, Bild, qui a refusé de participer au projet. "Il est problématique qu'une plateforme essaye de devenir elle-même un média d'information et de soutirer à certains éditeurs des rémunérations trop faibles", soutient un porte-parole du groupe. "Nous sommes plutôt en faveur d'un droit d'auteur européen qui permette, de manière transparente, à tous les éditeurs de recevoir une rémunération équitable", ajoute-t-il. Les éditeurs de presse vivent une crise des revenus publicitaires dont la majorité est captée par les géants du numérique qui diffusent leurs articles sans rémunération. Cette situation s'est aggravée avec la pandémie de coronavirus qui a fait plonger le marché de la publicité. Pour rééquilibrer les recettes entre médias et plateformes numériques, l'Union Européenne a adopté en 2019 une directive, dite des "droits voisins", qui impose aux géants du numérique de signer des accords de rémunération avec les médias. Mais pour le moment, aucun texte n'a été signé par Facebook, qui préfère mettre en avant ses propres initiatives, comme Facebook News ou ses fonds de soutien au journalisme. En Australie, Facebook a suspendu en février pendant plusieurs jours le partage d'articles sur sa plateforme, pour protester contre un projet de loi gouvernemental visant à mieux rémunérer les médias. Plusieurs pages Facebook officielles de services de secours avaient également été involontairement affectées. Face au tollé, l'entreprise a finalement fait machine arrière, scellant un accord de compromis à la dernière minute avec Canberra et concluant, à l'instar de Google, directement des accords avec des médias australiens. Le Parlement australien a alors adopté le 25 février le projet, première législation de ce type qui a suscité l'attention des gouvernements du monde entier. (Belga)