Le groupe PTB du parlement bruxellois s'est attiré vendredi matin les foudres du président du parlement bruxellois Rachid Madrane, peu coutumier du genre, ainsi que des chefs de plusieurs groupes politiques en feignant un refus de débat de leur part sur une demande de prolongation du moratoire sur les expulsions domiciliaires.À l'origine de l'incident, un communiqué publié par la formation d'extrême gauche faisant part du refus, selon elle, des autres groupes du parlement bruxellois de prendre en considération en urgence une proposition de prolonger ce moratoire qui prend fin le 13 décembre. Cette information est inexacte. Les autres groupes politiques ne se sont prononcés sur rien: ni sur l'urgence, et a fortiori, ni sur le contenu du texte. Ce sont les services (non politiques) du parlement qui ont débouté la demande pour des raisons de délai. Selon le président, la demande d'examen de prise en considération de l'urgence de l'examen de ce texte est arrivée quelques instants avant le début de la séance, soit bien trop tard pour la séance de vendredi. Cette précision fournie en début de séance n'a pas empêché l'envoi du communiqué du PTB imputant ce refus aux autres groupes, ce qui a provoqué la colère de plusieurs députés, et, fait suffisamment exceptionnel que pour être mentionné, du président Rachid Madrane. "Vous avez été négligente en ne prenant pas en compte les délais. Si ce sujet vous tenait tant à coeur, vous auriez dû être doublement attentive et ne pas reporter votre responsabilité sur le parlement", a dit sèchement le président Rachid Madrane à la cheffe de groupe Françoise De Smet. Celui-ci a rappelé que le parlement composé de députés tous élus démocratiquement n'était "pas un Politburo". "Il a l'obligation de travailler dans les règles. C'est précisément au travers d'un règlement que l'on peut travailler démocratiquement", a-t-il souligné, rappelant ensuite plus calmement le contenu de l'article 88 point 4 dudit règlement à la base du refus. Tour à tour, les chefs de groupe PS, sp.a, Ecolo, Groen, ont exprimé leur colère face à une démarche qui ne constitue selon eux pas une première dans le chef du PTB: -"Vous jouez au foot avec les mains. Vous vous foutez du parlement et faites preuve d'un cynisme structurel" (John Pytseys-Ecolo). - "Le PTB se fout des règles. Votre but constant est de monter une partie de la population contre l'autre (Fouad Ahidar-spa) - "Vous ne pouvez pas vous revendiquer d'un respect de la population en répandant sans cesse des mensonges" (Arnaud Verstraete-Groen). - "Nous ne voulons pas échapper au débat. Quel serait notre intérêt à le faire sur un enjeu aussi important"? (Ridouane Chahid-PS). (Belga)