"Les contrôles gendarmerie aux abords du site se poursuivent. Verbalisation systématique de toutes les personnes quittant les lieux, plus de 200 PV déjà relevés", indiquait vendredi la gendarmerie française sur son compte Twitter, alors que la fête sauvage se poursuivait aux abords de Rennes vendredi soir. Quelque 2.500 personnes, venues de toute la France et même de l'étranger, dont de Belgique, se sont donné rendez-vous pour fêter le Nouvel an lors d'une fête sauvage que n'ont pu empêcher les autorités.Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a convoqué vendredi soir à Beauvau une réunion sur la rave, selon son entourage. Vers 20H30, sur place, la fête continuait au son de la musique techno, tandis que des gendarmes, postés aux rond-points environnants, empêchaient de nouveaux participants de se rendre à la rave, a constaté un photographe de l'AFP présent sur les lieux. Le député d'Ille-et-Vilaine Florian Bachelier (LREM) estimait sur son compte Twitter que "ce rassemblement de zadistes" faisait "honte à notre pays, à nos soignants mobilisés depuis des mois, à nos morts. Puisse l'autorité judiciaire leur faire comprendre rapidement et radicalement le sens du mot responsabilité". Les gendarmes ont tenté jeudi soir "d'empêcher cette installation et ont fait face à la violente hostilité de nombreux teufeurs", explique la préfecture d'Ille-et-Vilaine dans un communiqué. Lors de ces affrontements "un véhicule de la gendarmerie a été incendié, trois autres dégradés et les militaires ont essuyé des jets de bouteilles et de pierres, occasionnant des blessures légères", précise-t-on de même source. Isabelle, une riveraine âgée d'une soixantaine d'années qui habite dans les quelques maisons à proximité des hangars, "désaffectés depuis quelques mois", explique que l'arrivée des fêtards jeudi soir a été "spectaculaire" mais "c'est un peu choquant". En pleine épidémie de Covid-19 "on essaye de faire ce qu'il faut et quand on voit ce qu'il y a en face... il est où le respect?", interroge-t-elle. Selon la préfecture le nombre de "teufeurs" est estimé vendredi à 2.500 "en provenance de différents départements et de l'étranger". Des secouristes sont sur place pour distribuer gel et masques "afin de limiter les risques de propagation du virus au sein du rassemblement" qui a été interdit par arrêté préfectoral. La préfecture précise que le parquet a ouvert une enquête pour "organisation illicite d'un rassemblement festif à caractère musical", "violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique", "dégradation du bien d'autrui en réunion" ou encore "travail dissimulé", "tenue illicite d'un débit de boissons" et "infractions à la législation sur les stupéfiants et notamment la facilitation de l'usage". En fin de matinée quelques fêtards quittaient les lieux sous un soleil radieux, a constaté un journaliste de l'AFP. Parmi eux, cinq Finistériens d'une vingtaine d'années, habillés en noir et bonnet sur la tête. Deux sur cinq portent des masques. Selon eux il y a "deux hangars" et donc "deux ambiances" différentes pour cette fête "bien organisée" avec notamment des couvertures chauffantes à disposition pour lutter contre le froid. Un peu plus loin "Jo", un des participants venu d'Alsace, a expliqué qu'il a rejoint jeudi soir à 19H30 un point de rendez-vous sur le parking d'un centre commercial. Il a noté lui aussi la présence de fêtards étrangers venus de Belgique, de Grande-Bretagne ou encore d'Espagne. Un stand de prévention des risques était mis à disposition des raveurs mais "très peu respectaient les gestes barrière". La fête est censée "se finir demain" samedi, a-t-il précisé avant d'aller dormir dans sa voiture. D'autre fêtards évoquaient quant à eux la fin de la fête... mardi prochain. (Belga)