Plus de 197.000 hectares, principalement en Amazonie, ont été déboisés en Colombie au cours de la seule année 2018, ce qui équivaut à deux fois la superficie de la ville de Berlin ou 276 stades de football, selon un rapport officiel publié mercredi. Bien qu'encore très élevée, la déforestation a toutefois légèrement diminué par rapport à l'année précédente: 197.159 hectares de forêts ont été anéantis en 2018 contre 219.973 hectares en 2017, précise ce rapport du ministère de l'Environnement et du Développement durable. "Les données de contrôle montrent une réduction de la déforestation de 22.814 hectares, soit 10%", a déclaré le ministre Ricardo Lozano lors d'une conférence de presse. Selon le rapport, 70% des forêts détruites en 2018 étaient en Amazonie, que la Colombie partage avec le Brésil, l'Equateur, le Pérou et le Venezuela. La déforestation a été plus marquée dans les départements de Caqueta et de Meta, où pendant des décennies a opéré l'ex-guérilla des Farc, qui a signé la paix en 2016, mais où de nouveaux groupes armés sont apparus depuis. Dans ces deux départements, 89.477 hectares ont été déboisés, ce qui équivaut à la superficie totale des îles caribéennes Barbade, Antigua et Barbuda. L'élevage, le brûlage à des fins diverses, l'extraction illégale de minerais, ainsi que les narco-plantations comme celles de coca, qui ont atteint en 2017 une superficie record (171.000 hectares selon l'ONU) sont considérés comme les principales causes de la déforestation en Colombie. Selon l'Institut des ressources mondiales (WRI), la planète a perdu 12 millions d'hectares de forêts tropicales en 2018. Deuxième pays en termes de biodiversité, après le Brésil, la Colombie s'est engagée à réduire à 0 le taux de déforestation en Amazonie d'ici 2020, mais les experts doutent qu'elle y parvienne. La destruction de la nature menace le bien-être de l'humanité autant que le changement climatique, a averti un groupe d'experts de l'ONU. (Belga)