Les partis socialistes, libéraux, la N-VA et le CD&V étaient réunis samedi en fin de soirée pour tenter de s'accorder sur la formation d'un gouvernement fédéral, la gestion des conséquences du coronavirus incitant plusieurs protagonistes à vouloir mettre place un gouvernement fédéral de plein exercice, a-t-on appris dans l'entourage des partis flamands.Les informations se succèdent depuis quelques jours sur la mise en place d'un gouvernement d'urgence auquel participeraient les socialistes et la N-VA, mais qui pourrait coûter son poste de cheffe de gouvernement à Sophie Wilmès (MR). Sauf que les socialistes francophones, qui pourraient tenir un bureau politique dimanche matin, à la veille du rapport final au Roi des chargés de mission royale Patrick Dewael (Open Vld) et Sabine Laruelle (MR), ne veulent pas changer de capitaine au milieu de la tempête, a fait savoir samedi le boulevard de l'Empereur. Samedi midi, le président de la N-VA Bart De Wever a appelé à la constitution d'un gouvernement d'une durée d'un an pour faire face à la pandémie et au risque de récession qu'elle entraîne. Les "partis de gouvernement" doivent prendre leurs responsabilités, estime-t-il. Mais il n'en a pas dit plus sur les partenaires ou l'identité du "capitaine". Jusqu'il y a à peine quelques jours, les missionnaires royaux successifs avaient constaté qu'une alliance entre le PS et la N-VA n'était pas possible, pas plus qu'une Vivaldi (socialistes, écologistes, libéraux, CD&V). Dans une situation de crise, où les finances publiques continuent en plus à se dégrader, une telle issue risque néanmoins de discréditer une bonne partie de la classe politique et faire le jeu des extrêmes qui, si l'on en croit un récent sondage, ont le vent en poupe, commentait-on samedi à bonne source. Les présidents de la Chambre et du Sénat travaillent donc sur l'hypothèse d'un gouvernement d'urgence, où les deux grands partis -PS et N-VA- seraient présents. Selon plusieurs articles de presse, hormis celle en cours au milieu de la nuit de samedi à dimanche, des réunions ont déjà eu lieu. De son côté, le président du sp.a Conner Rousseau a indiqué qu'il importait de progresser dès samedi, histoire que Patrick Dewael et Sabine Laruelle n'arrivent pas les mains vides chez le Roi, dans la situation actuelle que traverse le pays. Le scénario d'une alliance rassemblant les socialistes et la N-VA risque aussi de faire grincer des dents au PS. Elle implique l'aval du bureau politique. Les réticences sont vives à convoler avec les nationalistes, certainement après des mois passés à refuser cette éventualité. En outre, entamer des négociations, mettre sur pied un nouveau gouvernement et composer de nouveaux cabinets ministériels prend du temps. Or, l'urgence sanitaire ne permet pas d'en perdre, soulignait samedi un socialiste. La réunion de samedi soir était toujours en cours sur le coup de minuit. C'est la première fois depuis les élections du 26 mai de l'année dernière que plusieurs partis négocient durant plusieurs heures à propos de la formation d'un gouvernement fédéral. (Belga)