Le président français Emmanuel Macron a indiqué jeudi dans un entretien à la presse régionale qu'il comptait tracer un "nouveau chemin" avec "une nouvelle équipe", confirmant implicitement un remaniement ministériel attendu dans les prochains jours. "J'aurais à faire des choix pour conduire le nouveau chemin. Ce sont de nouveaux objectifs d'indépendance, de reconstruction, de réconciliation et de nouvelles méthodes à mettre en oeuvre. Derrière, il y aura une nouvelle équipe", a affirmé le président. M. Macron est toutefois resté évasif quant au maintien à la tête de ce nouveau gouvernement de son Premier ministre Edouard Philippe, en poste depuis son élection en 2017. "Depuis trois ans à mes côtés, il mène avec les gouvernements successifs un travail remarquable et nous avons conduit des réformes importantes, historiques, dans des circonstances souvent très difficiles", a-t-il souligné. 57% des Français souhaitent le maintien d'Edouard Philippe à son poste, selon un sondage Elabe Berger Levrault publié mercredi. Appelant les Français à se préparer à une rentrée économique "très dure", Emmanuel Macron a également précisé quelles seraient les priorités de sa deuxième partie de mandat qui doit s'achever au printemps 2022. "La relance de l'économie, la poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l'environnement, le rétablissement d'un ordre républicain juste, la défense de la souveraineté européenne", seront dans la feuille de route du prochain gouvernement. Emmanuel Macron s'est également félicité de la relation bâtie avec la chancelière allemande Angela Merkel qui a abouti à la proposition d'un plan de relance de 750 milliards d'euros au niveau européen, en réponse à la crise du coronavirus. "Nous avons travaillé d'arrache-pied pendant plusieurs semaines avec Angela Merkel de manière confidentielle pour bâtir un accord franco-allemand qui reconnaît que la zone Euro et le marché européen peuvent s'effondrer avec cette crise. On accepte ensemble d'émettre de la dette", a-t-il rappelé. Ce plan doit toutefois être validé à l'unanimité par les 27 pays de l'UE. Il suscite des réserves dans au moins quatre d'entre eux, surnommés les "frugaux": Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark. Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé vouloir remettre en chantier la réforme des retraites, mais "transformée", et demandé la reprise des négociations avec les partenaires sociaux dès cet été. (Belga)