Sept bébés crocodiles d'une espèce menacée, le faux gavial d'Afrique de l'Ouest, sont nés mi-juin dans un parc zoologique en Normandie, dans l'ouest de la France, a-t-on appris jeudi auprès du parc."Ils mesurent 20 à 25 cm de long, alors qu'un beau mâle adulte peut mesurer 4 mètres de long pour 250 kg", a expliqué à l'AFP François Huyghe, vétérinaire et directeur du parc Biotropica, situé au Val de Reuil. Tacheté et pourvu d'un très long museau adapté à son régime piscivore, le faux gavial d'Afrique de l'Ouest (Mecistops cataphractus), est classé en danger critique d'extinction par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). "On pense qu'il y en a moins de 300 à l'état sauvage, tous en Afrique de l'Ouest", ajoute le vétérinaire citant l'UICN. Selon Biotropica, on en compte en outre 25 dans les zoos européens, une vingtaine aux Etats-Unis et "quelques-uns" au zoo d'Abidjan qui fait aussi de la reproduction. "Nous sommes les seuls à les reproduire en Europe depuis 15 ans. Nous avions eu deux naissances en 2015", affirme M. Huyghe. Les parents, Leïla et Léon, la quarantaine, sont tous deux issus du trafic animalier. "Léon a été découvert bébé dans le manteau d'un bonhomme qui descendait d'un avion du Togo en Suisse. Et depuis, il n'y a plus de crocodile de cet espèce au Togo", ajoute le vétérinaire. Le couple s'est connu à Noël 2017. "Ils étaient séparés par une barrière. Ils se sont sentis pendant plus d'un an et lorsqu'on les a réunis en février 2019, au bout de 32 secondes, ils s'accouplaient", raconte le vétérinaire. "En une seule ponte, il y a eu une vingtaine d'oeufs dont sept de fécondés", précise M. Huyghe. Les oeufs ont été placés en couveuse de 92 à 99 jours. Le zoo espère de nouveaux petits de la femelle, qui "n'avait jamais vu de mâle" auparavant, dans les dix ans qui viennent. Biotropica compte garder deux ou trois de ces bébés à terme, après avoir donné les autres à d'autres zoos. Les premiers devraient partir dans le courant de l'été à Pierrelatte (Drôme). Les autres attendront d'avoir atteint la taille d'un mètre avant de déménager. "Ils sont gratuits. On ne peut pas être contre le trafic animalier et définir une notion de valeur marchande pour les animaux", précise le vétérinaire. Cette espèce au regard glaçant a été chassée massivement dans les années 1960 à 1980 pour sa peau puis fragilisée par la déforestation. (Belga)