La Fédération du secteur financier lance une nouvelle campagne pour mettre en garde contre le "hameçonnage" et, dans le cadre de cette pratique frauduleuse, le recrutement de jeunes comme "mules" auxquels des escrocs demandent de prêter leur compte en banque en échange d'un bénéfice rapide mais surtout illégal et illusoire. Un phénomène qui prend de l'ampleur dans le contexte de la crise sanitaire.Les statistiques policières révèlent une importante augmentation, ces dernières années, des dossiers relatifs aux faits de fraude et notamment de phishing ou hameçonnage. De nombreux escrocs n'hésitent pas à demander à des jeunes, en échange d'une promesse de gains rapides, de servir de mules financières en prêtant leur compte bancaire pour faire transiter de l'argent volé. Les jeunes sont approchés via Instagram ou WhatsApp ou, dans la vie réelle, dans des gares, des lieux de sortie ou aux abords d'école. Dans certains cas, il est également demandé à la mule de prêter sa carte bancaire pour retirer le plus rapidement possible l'argent transféré. "La réalité est moins rose: la mule fait le sale boulot des criminels, mais à la fin, c'est elle qui récolte les ennuis. La mule est en effet passible de poursuites", met en garde Febelfin, qui lance, pour la troisième année consécutive, une campagne autour des mules financières. Cette campagne prendra notamment la forme de vidéos dans lesquelles les actrices Sophie Maréchal ("La Trêve") et Liandra Sadzo ("LikeMe", "Police de quartier", ...) évoquent la manière dont opèrent les criminels et les conséquences désastreuses de cette pratique. Les jeunes sont d'autant plus vulnérables que nombre d'entre eux ont des problèmes financiers avec la crise sanitaire actuelle, qui est également une crise économique. Si la mule financière est mineure, ses parents peuvent être tenus pour responsables, rappelle-t-on encore. Dans la pratique, cela signifie que la mule, et ses parents, devront rembourser intégralement à la victime l'argent qui a transité par son compte. La mule risque également de se voir infliger des sanctions pénales et des amendes. Enfin, sa banque pourra refuser de lui accorder un autre compte bancaire, une autre carte et/ou un prêt. Sans parler du risque élevé de violence physique ou de vol. (Belga)