Le groupe énergétique britannique SSE et son partenaire norvégien Equinor ont annoncé jeudi avoir validé la décision d'investissement pour créer au large du Royaume-Uni le plus grand champ d'éoliennes en mer au monde.SSE et Equinor, qui se partagent à parts égales le projet, ont bouclé le financement pour les deux premières phases du projet, soit 6 milliards de livres, selon des communiqués des deux groupes. Au total, trois phases sont prévues d'ici 2026, qui une fois achevées donneront naissance à la plus grande ferme éolienne en mer au monde. La première phase sera livrée en 2023-2024. Le champ de Dogger Bank se situe en mer du Nord, au large de la côté nord-est de l'Angleterre et est d'une capacité totale de 3,6 GW, soit l'équivalent de la consommation de 6 millions de foyers ou environ 5% de la production d'électricité britannique. Le projet, qui regroupe trois sites d'une capacité de 1,2 GW chacun, représente un investissement total estimé à environ 9 milliards de livres sur la période 2020-2026. SSE sera responsable de la phase de construction et Equinor en charge de l'exploitation. Le groupe britannique précise que les investissements pour les deux premières phases sont les plus élevés jamais décidés pour un projet d'éolien en mer. Il assure que des centaines d'emplois au Royaume-Uni ont déjà été créés grâce à ce projet qui est en préparation depuis 10 ans. "Nous respectons notre parole en dépensant de l'argent afin d'aller vers la neutralité carbone", souligne Alistair Philips-Davies, directeur général de SSE. "Cet investissement va aider à la reprise verte après le coronavirus avec la construction du projet dans les cinq ans à venir, en créant des emplois et en soutenant l'économie locale", selon lui. Le Royaume-Uni, qui accueillera en 2021 à Glasgow la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP 26), vise la neutralité carbone d'ici 2050. L'éolien en mer est au cœur de la stratégie "verte" du gouvernement conservateur de Boris Johnson. Il a promis de faire du Royaume-Uni l'Arabie saoudite de l'éolien offshore, capable d'alimenter en énergie tous les foyers britanniques avec une production quadruplée à 40 gigawatts (GW) d'ici à 2030, soit l'équivalent de plus de 40 réacteurs nucléaires. Outre l'objectif de la neutralité carbone en 2050, le dirigeant espère que sa "révolution" verte, permettra de réduire les inégalités régionales et effacer partiellement les dommages économiques causés par la pandémie de nouveau coronavirus. (Belga)