Un rapport très attendu sur de possibles ingérences russes au Royaume-Uni, notamment dans la campagne sur le référendum qui a abouti au Brexit, sera rendu public mardi, a annoncé lundi la commission parlementaire du renseignement et de la sécurité (ISC). "Le rapport de la commission sur la Russie, préparé par ses prédécesseurs, sera présenté au Parlement à 10H30 (9H30 GMT) mardi 21 juillet", a annoncé l'ISC sur son site internet. Ce rapport de 50 pages se penche sur les activités de la Russie et doit répondre aux suspicions d'ingérences dans la campagne du référendum sur le Brexit de 2016, remporté à 52% par le camp du "leave". Sa publication intervient dans un contexte de relations glaciales entre Londres et Moscou. Le Royaume-Uni a déjà accusé la semaine dernière des "acteurs russes" d'ingérences dans la campagne pour les législatives de décembre dernier et les services de renseignement russes d'être derrière des attaques informatiques en vue de mettre la main sur des recherches concernant un vaccin contre le nouveau coronavirus. Le Kremlin a fermement rejeté ces accusations. La commission avait ouvert son enquête en novembre 2017 et remis son rapport au Premier ministre mi-octobre dernier. Début novembre, le gouvernement avait évoqué des questions de sécurité nationale pour ne pas divulguer le contenu de ce rapport avant les législatives de décembre, largement remportées par les conservateurs du Premier ministre Boris Johnson. Ce dernier a récemment donné son feu vert à la publication du rapport "dès que possible", au moment de la nomination des nouveaux membres de la commission, selon son porte-parole. L'enquête de l'ISC visait à répondre aux inquiétudes au sujet des ingérences dans les élections américaines de 2016 et de l'impact de campagnes de désinformation provenant de Russie. La Première ministre de l'époque, Theresa May, avait accusé la Russie de répandre de "fausses histoires" pour "semer la discorde à l'Ouest et saper nos institutions". Les relations russo-britanniques sont au plus bas depuis l'empoisonnement sur le sol britannique de l'ancien agent russe Sergueï Skripal, qui a survécu, dans la ville de Salisbury (sud-ouest) en mars 2018. La Russie avait avait démenti toute implication, mais l'affaire avait abouti à une vague d'expulsions croisées de diplomates de la part du Royaume-Uni et de ses alliés et de la Russie. (Belga)