Pour la deuxième semaine consécutive, les syndicats ont appelé à une grève de 24 heures dans les prisons qui a débuté ce jeudi à 22h00. Ils protestent ainsi contre le projet du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) d'introduire un service minimum en cas de grève, "totalement contraire au droit de grève", rappelle le syndicat socialiste ACOD/CGSP.Plusieurs actions ont été menées au cours des dernières semaines. Fin janvier, le ministre et les syndicats s'étaient rencontrés mais l'entrevue n'avait abouti à aucun accord. Koen Geens avait alors souligné qu'il "négociait et se concertait en permanence depuis 2017 avec les syndicats sur l'instauration du service minimum, une exigence du Conseil de l'Europe". Après cette consultation, les syndicats avaient annoncé qu'ils poursuivraient les arrêts de travail de 24 heures dans toutes les prisons chaque vendredi(en pratique à partir du jeudi à 22h). Dans une lettre ouverte, adressée à Koen Geens et au directeur général du système pénitentiaire, Rudy Van De Voorde, le syndicat socialiste rappelle les raisons de la contestation. Il ne s'agit pas tant de la loi sur le service minimum elle-même, dit-il, mais de la manière dont elle est mise en pratique par le ministre et la direction. "Les mesures d'exécution sont diamétralement opposées au droit de grève", selon la lettre ouverte. "Le ministre ou le système pénitentiaire demandent que nous déployions presque tout le personnel pénitentiaire pendant les jours de grève." Au sein de la prison de Louvain, les gardiens ont débrayé dès mercredi soir. Jeudi, la majorité des gardiens se sont mis en grève. Ils se joindront probablement à la grève nationale de 24 heures et, entre-temps, le syndicat socialiste a demandé aux gardiens de Louvain de ne pas aller travailler non plus lundi. (Belga)