Le président haïtien Jovenel Moïse, dont la démission continue d'être exigée dans un mouvement paralysant le pays, a annoncé mercredi une hausse des salaires minimums dénoncée par les syndicats ouvriers et les organisations patronales.Sur avis du Conseil supérieur des salaires, l'arrêté présidentiel augmente notamment de près de 20% la rémunération ouvrière, secteur phare de l'économie haïtienne qui emploie plus de 52.000 personnes. Pas assez pour les syndicats dans un contexte de rapide dépréciation de la monnaie nationale face au dollar américain et l'accélération de l'inflation. "M. Jovenel Moïse n'ajoute que 80 gourdes (74 centimes d'euro) par jour alors qu'on a un taux d'inflation à 20%" déplore Dominique Saint-Eloi, coordonnateur de la centrale nationale des ouvriers haïtiens. "C'est une pitance pour les ouvriers. On exige 1.500 gourdes par jour (13,92 euros) et des mesures d'accompagnement social pour le transport et le logement", ajoute le syndicaliste. Côté patronat, l'annonce de ces nouveaux barèmes passe tout aussi difficilement que le secteur privé subit de plein fouet la paralysie de ses activités provoquée par le mouvement de contestation populaire. "Le Conseil supérieur des salaires a fait son travail, dans sa bulle", a réagi George Sassine, président de l'association des industries d'Haïti. Selon l'ONU, Au moins 42 personnes sont mortes depuis mi-septembre dans des manifestations organisées dans les principales villes en Haïti pour exiger la démission du président, un mouvement paralysant les activités économiques du pays. Plusieurs entreprises, notamment des établissements hôteliers de la capitale, ont déjà dû congédier ou licencier des centaines d'employés à cause de la crise politique. (Belga)