"L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas", a martelé vendredi Emmanuel Macron, en se rendant à Conflans-Saine-Honorine (Yvelines), où un enseignant a été décapité dans l'après-midi, "un attentat terroriste islamiste caractérisé", selon le chef de l'Etat français. "Tous et toutes nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. Ils ne nous diviseront pas. C'est ce qu'ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble", a ajouté le président français lors d'une courte allocution, après s'être entretenu pendant près d'une heure avec les professeurs du collège Bois d'Aulne, où enseignait la victime. "Un de nos concitoyens a été assassiné aujourd'hui parce qu'il enseignait, parce qu'il a prôné à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire. Notre compatriote a été lâchement attaqué, a été la victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé", a fait valoir le président de la République, visiblement ému et tendu, tordant son masque dans ses mains. "L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas, ils ne nous diviseront pas. C'est ce qu'ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble", a ajouté Emmanuel Macron, qui a appelé "l'ensemble de nos compatriotes à faire bloc, à être unis, car nous sommes d'abord et avant tout des citoyens unis par des mêmes valeurs, une histoire: cette unité est indispensable". Le président de la République a également salué "tous les enseignants de France", en affirmant "que nous sommes avec eux, que la nation toute entière sera là, à leurs côtés, aujourd'hui et demain, pour les protéger et les défendre, leur permettre de faire leur métier qui est le plus beau qui soit: faire des citoyens libres". "Il n'y a pas de hasard si, ce soir, c'est un enseignant que ce terroriste a abattu, parce qu'il a voulu abattre la République dans ses valeurs, les Lumières, la possibilité de faire de nos enfants, d'où qu'ils viennent, qu'ils croient ou qu'ils ne croient pas, quelle que soit leur religion, d'en faire des citoyens libres". La victime avait récemment montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, selon les premiers éléments de l'enquête. L'enseignant a été décapité vendredi vers 17H00, près du collège du Bois d'Aulne. Son agresseur présumé a été tué par la police dans la ville voisine d'Eragny (Val-d'Oise). Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé à l'AFP s'être aussitôt saisi de l'enquête, ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Emmanuel Macron s'est rendu sur les lieux avec ses ministres de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et de l'Education, Jean-Michel Blanquer, peu de temps après l'attaque qui a soulevé l'émoi en France et au-delà. (Belga)