L'opposition hongroise portée par les sondages va faire front commun pour la première fois en 2022 contre le chef du gouvernement Viktor Orban afin de tenter de l'emporter aux législatives, selon une déclaration commune publiée dimanche.Les formations libérale, écologiste, socialiste et celle issue de l'extrême droite entendent "rendre à la nation la liberté et la prospérité promises lors du changement de régime" après la chute du communisme, est-il écrit dans ce texte consulté par l'AFP. C'est la première fois depuis le retour au pouvoir du souverainiste Viktor Orban en 2010, dans ce pays membre de l'Union européenne, que l'ensemble de l'opposition dit vouloir se rassembler face au Premier ministre par le biais d'un système de primaires. Les partis se sont entendus pour ne présenter qu'une seule liste au niveau national et un seul candidat dans les différentes circonscriptions. Viktor Orban est inlassablement accusé par les organisations internationales et l'UE de saper l'indépendance des contre-pouvoirs dans son pays qui a rejoint l'UE en 2004 et l'opposition a regagné Budapest, la capitale, en 2019. Selon un sondage rendu public mercredi par l'institut Median, 41% des électeurs souhaitent voter pour l'opposition aux prochaines élections, contre 39% pour le parti Fidesz de Viktor Orban. Ce dernier est affaibli par sa gestion de la pandémie provoquée par le coronavirus et par les révélations sur la double vie menée par l'un de ses proches, surpris au cours d'une soirée gay de sexe en groupe à Bruxelles, en violation des normes sanitaires. Et ce alors même qu'il opposait des valeurs chrétiennes et familiales à l'avancée des droits des LGBT. Dans sa déclaration commune, l'opposition s'engage à ne jamais coopérer avec le Fidesz. Elle promet en outre d'ouvrir les archives secrètes communistes, de lutter contre le détournement de l'argent public et des fonds européens, de pleinement rétablir l'état de droit ainsi que l'entière liberté de la presse. Elle souhaite également redonner son indépendance à la Cour suprême, réécrire la Constitution, modifiée à de nombreuses reprises par l'actuelle majorité, qui vient d'y inscrire que l'adoption est réservée aux couples mariés et donc de facto interdite aux couples de même sexe. Enfin, elle veut modifier la loi électorale, accusée d'avoir été taillée sur mesure pour conforter le pouvoir de Viktor Orban. (Belga)