Le 10 mai 1940, l'armée allemande envahissait la Belgique mais aussi le Luxembourg et les Pays-Bas, trois pays neutres à l'époque. L'invasion du 10 mai 1940, le "Plan jaune", lança la campagne militaire de l'Ouest qui vit l'occupation du Benelux et de la France par les Nazis. Entre la déclaration de guerre du Royaume-Uni et de la France à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939, consécutive à l'invasion de la Pologne, les belligérants campaient sur leurs positions et peu de mouvements avaient été observés de part et d'autre des lignes. Outre l'invasion de la Pologne, les Nazis avaient ensuite jeté leur machine de guerre en 1940 sur la Norvège et le Danemark. Mais à l'ouest, la France et le Royaume-Uni, puissances militaires alliées, avaient pour l'instant échappé à l'appétit de l'ogre nazi. Cette "drôle de guerre" s'acheva le 10 mai 1940 avec la violation de la neutralité de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg. Comme en 1914, les Allemands passèrent par la Belgique pour s'attaquer à l'ennemi héréditaire français. Les Belges, neutres, avaient toutefois mobilisé leurs troupes, redoutant ce scénario trop bien rodé. Le 10 mai 1940, environ 700.000 hommes étaient prêts à résister à l'envahisseur allemand. Un envahisseur dont l'armée moderne et la tactique de la Blitzkrieg - guerre éclair alliant surprise et brutalité - allaient déstabiliser l'armée belge. Le 10 mai 1940, la Belgique entre malgré elle dans la guerre avec le pilonnage des aérodromes et des nœuds de communication par la Luftwaffe et l'invasion des troupes allemandes à l'est. Le 11 mai, le fort d'Eben-Emael, élément majeur de la ceinture fortifiée de Liège, dit imprenable, cède sous la tactique allemande. L'armée belge résiste sur le front du canal Albert et au sud les chasseurs ardennais résistent aux Allemands. Parallèlement, des milliers de civils fuient l'avancée allemande et forment les premiers convois de ce qu'on appellera plus tard l'Exode de 40. La Belgique est soutenue par les Britanniques et les Français qui affrontent eux aussi pour la première fois, directement l'armée allemande, sur un vaste champ d'opération. Les Allemands avancent de toute part et les villes belges cèdent les unes après les autres. La France subit aussi une invasion par Sedan. En quelques jours, Liège tombe et les Allemands franchissent la Meuse. Dès le 16 mai, les Britanniques, les Français et les Belges se replient sur la ligne de l'Escaut. Bruxelles est prise le 17 mai sans combats et le gouvernement belge est évacué vers Ostende. Anvers suit le 18 mai. Les Allemands franchissent ensuite l'Escaut le 23 mai et s'emparent de Courtrai. Acculée, l'armée belge ne contrôle plus qu'une portion congrue du territoire à l'ouest et lutte âprement lors de la bataille de la Lys. Le 26 mai, le gouvernement belge demande au roi Léopold III de quitter le pays, ce qu'il refusera. L'arme belge capitule le 28 mai après 18 jours de combats. 225.000 soldats belges ont été déportés dans des camps de prisonniers en Allemagne. Le 28 mai 1940 signe aussi l'entrée de la Belgique sous l'occupation allemande, une occupation lourde et implacable qui durera plus de quatre ans. (Belga)