L'usine chimique de Lubrizol à Rouen pourrait être autorisée "dans les prochains jours" à accroître son activité, après un avis positif mardi du Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), selon la préfecture.L'avis est consultatif mais "j'ai toujours considéré que dans ce cas précis je me devais, compte tenu de la sensibilité du sujet, de suivre l'avis du Coderst. Donc c'est ce que je ferai", a indiqué le préfet de Normandie Pierre-André Durand. Un arrêté pourrait être pris "dans les prochains jours", selon le haut fonctionnaire. Le Coderst a voté à 18 voix pour, quatre voix contre et 2 abstentions, a précisé le préfet. L'usine Seveso seuil haut a déjà partiellement redémarré en décembre, moins de trois mois après l'incendie spectaculaire qui a touché le site. Mais Lubrizol veut étendre la capacité de ces activités et en relancer d'autres, sans que la reprise soit totale. Dans le projet d'arrêté, "on ne peut pas dire qu'il y ait le moindre sacrifice fait à la sécurité", a insisté M. Durand. "Les moyens de détection d'incendie sont renforcés, les moyens d'extinction sont renforcés ainsi que les moyens de rétention" dans l'hypothèse où des produits coulent, a détaillé le préfet. "Là où la réglementation prévoit d'avoir 20% des fluides pouvant être retenus, il a été imposé 100% de rétention", a souligné M. Durand. Ces mesures s'ajoutent aux engagements pris par Lubrizol lors du redémarrage partiel en décembre, avec une forte diminution des quantités de produits stockés sur place, qui a induit "une réduction très importante du risque à la source", selon le préfet. Un autre arrêté est en préparation qui doit donner aux industriels jusqu'au 26 septembre pour nettoyer et démanteler la zone sinistrée. (Belga)