A dix jours de la fin de son mandat, Donald Trump est confronté à des appels à la démission de plus en plus nombreux, y compris dans le camp républicain, pour éviter une difficile procédure de destitution en pleine crise politique, sanitaire et économique.Après les sénateurs républicains Ben Sasse et Lisa Murkowski, le sénateur Pat Toomey a jugé dimanche sur CNN qu'une démission du président "serait la meilleure option". Depuis le scrutin présidentiel du 3 novembre qu'il a perdu, Donald Trump "a sombré dans un niveau de folie (...) absolument impensable", a-t-il ajouté. "La meilleure chose pour l'unité du pays, ce serait qu'il démissionne", a renchéri sur ABC Alan Kitzinger, élu à la Chambre des représentants et premier républicain à avoir appelé dès jeudi à déclarer le président "inapte" à occuper ses fonctions. Isolé à la Maison Blanche, lâché par plusieurs ministres, en froid avec son vice-président Mike Pence, le milliardaire américain ne donne aucun signe qu'il est prêt à démissionner, selon ses conseillers cités par la presse américaine. Evincé de Twitter et des autres grands réseaux sociaux qui veulent éviter de nouvelles incitations à la violence, Donald Trump a désormais des alternatives limitées pour communiquer avec le grand public. Les autorités continuent à rechercher les manifestants pro-Trump qui ont proféré des menaces de mort à l'encontre du vice-président Mike Pence et de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi --les 2e et 3e plus hauts responsables de l'Etat-- lors de l'assaut contre le Capitole mercredi. Nancy Pelosi, qui a promis de passer à l'action si le président sortant ne démissionne pas, a appelé samedi ses troupes à revenir cette semaine à Washington pour décider de la façon de sanctionner la responsabilité de M. Trump dans l'assaut meurtrier contre le Capitole. Dans une lettre ouverte aux élus, elle n'a pas mentionné une possible destitution, mais elle a estimé "absolument essentiel que ceux qui ont mené cet assaut contre notre démocratie en soient tenus responsables". "Il doit être établi que cette profanation a été incitée par le président", a-t-elle ajouté. Un texte de mise en accusation ("impeachment") introduit à la Chambre des représentants, signé par au moins 180 parlementaires, reproche au président républicain d'avoir "délibérément fait des déclarations" qui ont encouragé l'invasion du bâtiment du Congrès par ses partisans mercredi. Selon l'élu démocrate James Clyburn, la motion pourrait être discutée cette semaine. "Ce sera peut-être mardi ou mercredi", a-t-il précisé sur CNN. Mais il s'agit d'une procédure longue et compliquée et plusieurs voix se sont élevées dans le camp démocrate pour juger qu'elle pourrait freiner les projets du président élu Joe Biden, qui a fait de la réponse à la pandémie de Covid-19 sa priorité. (Belga)