Des experts du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU ont appelé mercredi l'Iran à libérer d'urgence la journaliste et militante Narges Mohammadi, qui purge une peine de prison de 10 ans et présente les symptômes du Covid-19. "L'Iran doit relâcher Narges Mohammadi, qui serait atteinte du coronavirus, et d'autres personnes arbitrairement détenues, avant q'il ne soit trop tard", ont déclaré les seize experts de l'ONU dans un communiqué. Mme Mohammadi, qui avait déjà demandé une permission pour soins médicaux le 13 juin dernier, aurait contracté le Covid-19 en prison, selon eux. Elle se trouve à Zanjan, dans le nord-ouest de l'Iran. Incarcérée depuis 2015, l'ancienne porte-parole du Centre des défenseurs des droits de l'Homme en Iran purge une peine de 10 ans de prison pour avoir "créé et dirigé un groupe illégal". "Nous sommes extrêmement inquiets pour la santé de Mme Mohammadi. Nous avons déjà exprimé nos inquiétudes sur les risques que courent les détenus iraniens s'ils contractent le Covid-19, et nous appelons à leur libération immédiate", insistent les experts, dont l'avis n'engage pas l'ONU. Ils appellent également les autorités de Téhéran à fournir à Mme Mohammadi les résultats de son test au coronavirus, effectué le 8 juillet selon eux. La journaliste aurait présenté les premiers symptômes de la maladie fin juin. Depuis mars, plus de 100.000 détenus iraniens ont bénéficié de permissions de sortie ou de remises de peine afin de limiter la propagation de la maladie Covid-19 dans les prisons de la République islamique, mais pas Mme Mohammadi, connue pour son combat en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran. (Belga)