Israël ne coopèrera plus avec la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet. Tel Aviv prend cette mesure un jour après que la Haut-Commissaire a publié une liste de 112 sociétés ayant des activités dans les colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés. C'est ce que confirme un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères jeudi. Israël avait déjà annoncé interrompre sa coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme en 2012. Début 2019, le pays avait également quitté l'Unesco, l'organisation culturelle des Nations unies. Tel Aviv accuse ces organisations d'être hostiles à son égard. La majorité des 112 sociétés listées sont israéliennes, mais des entreprises des États-Unis, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne, de la France et du Luxembourg figurent aussi sur le document. La liste identifie notamment les géants Airbnb, Alstom, Booking.com et Tripadvisor. Aucune entreprise belge n'apparait. Le Haut-Commissariat avait voté il y a quatre ans une résolution qui visait à tenir les entreprises responsables de leurs répercussions sur les droits humains en Palestine. La base de données est désormais finalisée. Tel Aviv a fustigé cette publication. Pour le chef de la diplomatie israélienne Israel Katz, il s'agit d'une "reddition honteuse aux pressions de pays et d'organisations qui veulent nuire à Israël". Selon la mission permanente israélienne à Genève, Michelle Bachelet a "perdu toute crédibilité et toute capacité à œuvrer pour les droits de l'homme dans notre région". Israël et les États-Unis ont exercé de fortes pressions contre la publication. "La liste n'est pas, et ne prétend pas être une procédure judiciaire ou quasi judiciaire", selon le communiqué de Michelle Bachelet. Israël craignait de son côté que l'initiative serve de base à un boycott. Coloniser un territoire occupé viole le droit international. Les Nations unies estiment que les entreprises listées ont pris part à des activités comme fournir du matériel de construction, de sécurité, d'entretien ou de services bancaires aux colonies, tout comme procurer du matériel pour détruire des propriétés palestiniennes. (Belga)