L'ancien chef du gouvernement italien Enrico Letta s'est porté candidat vendredi au poste de secrétaire général du Parti démocrate (PD, centre-gauche), deuxième parti de la coalition au pouvoir, sa nomination officielle étant attendue dimanche."Honnêtement, lundi dernier je n'aurais jamais imaginé que je serais ici aujourd'hui pour annoncer ma candidature à la tête du Parti démocrate, à la création duquel j'ai contribué et qui traverse aujourd'hui une crise profonde", a-t-il déclaré sur une vidéo postée sur son compte Twitter. La nomination de M. Letta, unqiue candidat déclaré, sera officialisée au cours d'un vote de la direction du PD prévu dimanche et dont l'issue ne fait aucun doute. "Je le fais par amour pour la politique et en raison de ma passion pour les valeurs démocratiques (...) Je ne cherche pas l'unanimité," a-t-il assuré, son objectif étant "de sortir de cette crise et de regarder loin devant". Enrico Letta, chef du gouvernement italien d'avril 2013 à février 2014, a été poussé à la démission sous la pression de son successeur Matteo Renzi, alors maire de Florence et chef du PD. Il a également démissionné en 2015 de son poste de parlementaire pour devenir doyen de l'École des affaires internationales de Sciences Po à Paris (Paris School of International Affairs - PSIA). L'opinion publique italienne a retenu son éviction de la tête du gouvernement comme un coup bas de Matteo Renzi qui à peine quelques semaines avant la démission de M. Letta lui avait envoyé un message devenu célébre: "Enrico stai sereno" (Enrico sois tranquille), une expression entrée ensuite dans le langage courant pour dire le contraire: "Fais attention!". Le PD est le deuxième parti en importance au sein de la coalition hétéroclite dirigée par le Premier ministre Mario Draghi, qui rassemble quasiment tous les partis représentés au parlement, du PD à la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini en passant par le parti Forza Italia (droite) de Silvio Berlusconi et aussi le Mouvement 5 Etoiles (M5S), antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir. M. Letta succède à Nicola Zingaretti, qui a justifié sa démission surprise il y a une semaine par son écoeurement face aux querelles intestines. M. Zingaretti avait expliqué sur Facebook qu'il avait "honte" du PD, accusant les chefs des différents courants de se concentrer sur des querelles internes et des coups bas et non sur des défis nationaux comme la lutte contre la pandémie de Covid-19. (Belga)