"Malgré une augmentation à tous les niveaux de l'éducation, les filles sont toujours plus susceptibles d'être exclues que les garçons, et cette exclusion s'est accrue en raison de la pandémie actuelle", pointe l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) dans un rapport publié à l'occasion de la Journée internationale de la fille le 11 octobre.Dans son rapport mondial de suivi sur l'éducation intitulé "Une nouvelle génération: 25 ans d'efforts pour atteindre l'égalité des genres dans l'éducation", l'organisation préconise plusieurs mesures, avec en premier l'élimination des disparités entre les genre pour l'accès, la participation et l'achèvement des études. "Dans 4% des pays, moins de neuf femmes pour 10 hommes sont inscrites dans l'enseignement primaire, 9% dans le secondaire inférieur, 15% dans le secondaire supérieur et 21% dans l'enseignement supérieur", précise l'Unesco. Toutes les filles enceintes et les jeunes parents devraient aussi être soutenus pour aller à l'école. En Afrique subsaharienne notamment, les taux de grossesses précoces restent élevés, alors qu'ils baissent dans le monde. "Au Tchad, au Mali et au Niger, les taux sont plus élevés qu'en 1995. Des interdictions toujours en vigueur empêchent les filles enceintes d'aller à l'école en Guinée équatoriale et en République-Unie de Tanzanie." Par ailleurs, les enseignants et professionnels du secteur doivent être formés "à comprendre leurs propres attitudes et comportements en matière de genre". En effet, le taux de femmes étudiant l'ingénierie ou les TIC, par exemple, est inférieur à 25% dans plus de deux tiers des pays du monde. Les stéréotypes de genre ne doivent pas non plus figurer dans les programmes et manuels scolaires et l'ensemble des élèves devraient avoir droit à une éducation complète à la sexualité. "Il a été démontré qu'elle permettait de prévenir la violence sexiste en milieu scolaire en favorisant la compréhension et le respect des identités de genre des élèves. De plus, elle conduit à une réduction des grossesses précoces." Enfin, l'Unesco préconise d'encourager les femmes à se tourner vers des postes de direction, pour changer les normes sociales et de genre. Ce rapport sur le genre "montre que la réalisation des droits des femmes est intrinsèquement liée à leurs possibilités d'éducation. Ses recommandations doivent être mises en œuvre par toutes les parties prenantes afin de parvenir à une pleine égalité pour la prochaine génération", conclut David Moinina Sengeh, président du conseil consultatif pour le rapport et ministre de l'Education en Sierra Leone. (Belga)