L'armée américaine a annoncé avoir mené mercredi une frappe aérienne contre les talibans, sa première depuis l'accord signé à Doha avec les insurgés, pour défendre l'armée afghane contre de multiples attaques des rebelles. "Les États-Unis ont conduit une frappe aérienne à Nahr-e Saraj, dans le Helmand, contre des combattants talibans qui attaquaient activement les forces de sécurité afghanes. C'était une frappe défensive", a tweeté le colonel Sonny Leggett, porte-parole des forces américaines en Afghanistan. "Nous sommes engagés pour la paix, mais nous avons la responsabilité de défendre nos partenaires afghans", a-t-il justifié. "Sur la seule journée du 3 mars, les talibans ont lancé 43 attaques contre des check-points des forces afghanes dans le Helmand", une province du Sud considérée comme un de leurs principaux fiefs, a-t-il encore écrit. Si les insurgés affirment "se battre pour libérer l'Afghanistan des forces internationales, l'accord du 29 février définit un retrait basé sur plusieurs conditions" qu'ils doivent remplir, a-t-il encore rappelé. Américains et talibans ont signé samedi à Doha un accord historique, dans lequel Washington s'est engagé à un retrait complet des troupes étrangères d'Afghanistan sous 14 mois en échange de garanties des talibans. "Les dirigeants des talibans avaient promis à la communauté internationale qu'ils réduiraient la violence et non qu'ils augmenteraient les attaques", a commenté sur Twitter le colonel Leggett. La frappe américaine est intervenue quelques heures après un entretien téléphonique entre Donald Trump et le chef politique des insurgés, le mollah Baradar. Une conversation qualifiée de "bonne" selon le président américain, qui en avait déduit que les talibans "veulent mettre fin à la violence". Les rebelles ont également tué au moins 20 soldats et policiers afghans dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris de sources sécuritaires. (Belga)