Le secteur aérien ne peut être soutenu sans réflexion sur son rôle à long terme dans un monde qui respecte l'accord de Paris sur le climat. C'est ce que plaide jeudi le "Resilience Management Group", qui rassemble plus de 100 scientifiques et 182 entreprises de la transition écologique, deux jours après l'annonce par Brussels Airlines de son intention de supprimer un millier d'emplois, soit un quart de son personnel, en raison notamment de la crise du Covid-19. "Si on savait comment envisager la croissance à l'avenir, la réponse serait plus argumentée", soutient Sybille Mertens, économiste à l'Université de Liège. "Tout le monde se dit qu'il faut sauver 1.000 emplois. C'est toujours le même chantage. Cela ne veut pas dire qu'on ne doit rien faire, mais il ne faut pas mettre des millions sur la table simplement parce qu'il y a une urgence sociale", opine-t-elle. L'avenir des compagnies aériennes européennes se trouve dans une fusion ou un partenariat stratégique avec les compagnies ferroviaires, défendent François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l'Université de Liège, et Leo Van Broeck, de la KULeuven. "Le TGV ne passerait plus à la gare de Bruxelles-Midi, mais à Zaventem", suggère ce dernier. "Les vols courts, qui ne sont de toute façon pas très rentables, singulièrement pour Brussels Airlines, seraient désormais opérés en TGV", développe François Gemenne. "Cela pourrait amener des clients supplémentaires à Zaventem pour développer des activités longs courriers vers l'Afrique, qui est le secteur stratégique de Brussels Airlines. Cela permet en même temps de réduire considérablement le nombre de vols", argumente-t-il. Depuis un mois et demi, le "Resilience Management Group" a pris l'initiative de réfléchir à un plan pour "sortir de la crise par le haut". Les experts et entrepreneurs de différents domaines ont présenté jeudi leurs 200 mesures, pensées de manière collaborative, à la Première ministre Sophie Wilmès. (Belga)