Les Azerbaïdjanais votent dimanche pour des législatives anticipées dénoncées par l'opposition, qui estime qu'elles ne serviront qu'à renforcer l'emprise du président Ilham Aliev sur ce pays du Caucase riche en pétrole. Les élections auraient dû se dérouler en novembre 2020 mais en décembre dernier, les députés ont voté pour une dissolution du Parlement, à la suite de la démission quelques semaines plus tôt du Premier ministre. L'objectif serait, selon des experts, de remplacer la vieille garde du régime par une nouvelle génération loyale au pouvoir et ainsi répondre a minima au mécontentement engendré par le ralentissement économique. En début d'après-midi, le taux de participation était de 27%, selon des chiffres officiels. Selon le chef de la commission électorale, "toutes les conditions" sont réunies pour une élection "libre et équitable". Mais l'un des leaders de l'opposition, Gulaga Aslanly, a dénoncé à l'AFP des "violations électorales massives". Il évoque des urnes non-transparentes dont les fentes permettent d'introduire plus d'un bulletin ce qui, selon lui, est une violation du code électoral. Cet opposant du parti Musavat mentionne également des "obstacles" et pressions sur des observateurs électoraux mis à l'écart du décompte des bulletins, ainsi que des problèmes avec certaines listes "où apparaissent des électeurs décédés". A Bakou, une vidéo montre le président Ilham Aliev allant voter tout sourire avec sa famille. Il dirige d'une main de fer cette ex-république soviétique depuis qu'il a succédé à son père en 2003. Ilham Aliev veut préserver son contrôle sans partage, accuse l'opposition. Il a d'ailleurs placé sa femme Mehriban au poste de première vice-présidente du pays en février 2017, et leur fils, Heydar, âgé d'une vingtaine d'années, est vu comme son possible successeur. S'il est critiqué par l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme, le président Aliev est loué par ses partisans pour avoir, grâce à la manne des hydrocarbures, transformé et modernisé l'Azerbaïdjan en une puissance énergétique indépendante. Dimanche, le parti d'Aliev, Yeni ("Nouveau") Azerbaïdjan, devrait s'imposer largement et sans suspense. Plus de 1.300 candidats de 19 partis se présentent pour se partager les 125 sièges du parlement monocaméral, le Milli Majlis. Aucune élection organisée depuis l'arrivée au pouvoir d'Ilham Aliev n'a été reconnue comme libre et démocratique par les missions d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui disposera cette fois-ci encore de 350 observateurs déployés dimanche. (Belga)