La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a promis mardi de fixer avant les élections locales de mai prochain les termes et la date d'un second référendum sur l'indépendance de cette province britannique, malgré le refus de Londres à organiser un tel vote. "Avant la fin de cette législature, nous publierons un projet de loi qui définira les conditions et le calendrier d'un référendum sur l'indépendance, ainsi que la question qui sera posée au peuple lors de ce référendum", a annoncé la Première ministre lors du discours marquant la rentrée du parlement écossais. "Et lors des élections (législatives écossaises) de l'année prochaine, nous plaiderons pour que l'Ecosse devienne un pays indépendant", a ajouté celle qui est aussi la dirigeante du Parti indépendantiste écossais (SNP). Lors d'un référendum d'indépendance en 2014, les Ecossais avaient voté à 55% pour rester au sein du Royaume-Uni. Nicola Sturgeon estime que le Brexit a depuis changé la donne, l'Ecosse ayant massivement voté en 2016 contre la sortie de l'Union européenne, adoptée à l'échelle nationale et effective depuis fin janvier. Les demandes pour une Ecosse indépendante reviennent aussi en force après la gestion très critiquée de l'épidémie de nouveau coronavirus par Londres et le Premier ministre britannique Boris Johnson. Les défis posés par l'épidémie sont aggravés "complètement inutilement" par l'entêtement de Londres à refuser la prolongation des négociations commerciales post-Brexit avec l'Union européenne, causant un "préjudice évitable" aux entreprises écossaises, a dénoncé Nicola Sturgeon, qui a elle vu sa popularité augmenter depuis le début de la pandémie. Elle espère capitaliser sur ce soutien et les bons résultats aux élections législatives nationales, qui ont accordé en décembre 48 sièges au SNP à Westminster, pour forcer Londres à organiser un nouveau scrutin. Si les analystes prédisent au SNP une large majorité lors des élections législatives régionales de 2021 en Ecosse, le bilan économique de la Première ministre pourrait en revanche constituer un obstacle à l'adoption de l'indépendance, en cas de nouveau référendum. Selon des chiffres publiés la semaine dernière, l'Ecosse a dépensé un excédent de 15,1 milliards de livres (17 milliards d'euros) par rapport à ce qu'elle a perçu en impôts, au cours du dernier exercice budgétaire. Le déficit de la région s'est par ailleurs aggravé de 2 milliards de livres (2,2 milliards d'euros) au cours des 12 derniers mois. (Belga)