L'ancien président sud-coréen Lee Myung-bak a été placé en détention lundi, quelques jours après la confirmation par la plus haute juridiction du pays de sa condamnation pour corruption à 17 années de prison. A moins d'une grâce présidentielle ou d'une remise de peine, l'ex-chef d'Etat âgé de 78 ans, qui avait été au pouvoir de 2008 à 2013, pourrait finir sa vie derrière les barreaux. En Corée du Sud, les chefs de l'Etat se retrouvent souvent en prison une fois partis du pouvoir, généralement à la suite d'une alternance politique. Les quatre ex-présidents encore en vie ont ainsi tous été condamnés. M. Lee n'a plus aucun recours judiciaire possible dans cette affaire de corruption et de détournements de fonds qui impliquait aussi le défunt patron du géant technologique Samsung. L'ex-président conservateur a quitté sa résidence du sud de Séoul dans un véhicule noir au vitres teintées, dans une scène qui a de nouveau illustré la polarisation extrême de la société sud-coréenne. "Le président Lee a sauvé l'économie", pouvait-on lire sur une pancarte tenue par un de ses partisans qui attendaient le passage de sa voiture. D'autres l'ont salué ou ont serré les poings en signe d'encouragement. Mais quelques mètres plus loin, de l'autre côté d'un cordon de policiers, un homme se tenait debout avec un tout autre message demandant au condamné de présenter "des excuses au peuple". Jeudi, la Cour suprême a confirmé la condamnation de M. Lee à 17 ans de prison, jugeant que l'ancien président avait détourné 25,2 milliards de won (19 millions d'euros), et reçu 9,4 milliards de won de pots-de-vin. Arrivé en politique après une longue carrière dans le groupe automobile Hyundai, M. Lee avait notamment été reconnu coupable d'avoir touché des pots-de-vin de Samsung pour accorder sa grâce présidentielle à l'ex-président du géant sud-coréen Lee Kun-hee, qui avait été condamné pour évasion fiscale. Alité depuis une attaque cardiaque il y a six ans, Lee Kun-hee est décédé fin octobre à 78 ans. Park Geun-hye, la présidente qui a succédé à M. Lee et qui a été destituée en 2017 dans un retentissant scandale de corruption, purge actuellement une peine de 20 ans d'emprisonnement. Avant elle, deux autres présidents, Chun Doo-Hwan et Roh Tae-woo, avaient été reconnus coupables de trahison et corruption dans les années 1990. Le prédécesseur de M. Lee, le libéral Roh Moo-hyun, s'était suicidé en 2009 avoir été interrogé sur des soupçons de corruption impliquant sa famille, dans le cadre d'une enquête menée sous la présidence de M. Lee. M. Roh était le mentor de l'actuel président Moon Jae-in. (Belga)