La police canadienne a annoncé mardi l'arrestation de l'homme d'affaires et millionnaire canadien Peter Nygard à la demande de la justice américaine, qui réclame son extradition aux Etats-Unis afin d'y être jugé pour plusieurs accusations de crimes sexuels.Le magnat de la mode a été arrêté lundi à Winnipeg (province du Manitoba, centre du pays)"pour répondre d'accusations portées à la suite d'une enquête du FBI et du NYPD" (service de police de la ville de New York, ndlr), a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (police fédérale) dans un tweet. Cette arrestation a eu lieu à la suite d'une demande du département américain de la Justice au ministère canadien de la Justice "pour extrader Nygard", a-t-elle écrit. Il a été placé en détention "après que les Etats-Unis ont demandé au Canada de délivrer un mandat d'arrêt provisoire en vertu du traité d'extradition entre les deux pays", a précisé de son côté un bureau du procureur fédéral de New York dans un communiqué. Peter Nygard, 79 ans, fait face à neuf chefs d'accusation, dont ceux de racket et trafic sexuel, impliquant "au moins une dizaine de victimes aux Etats-Unis, aux Bahamas et au Canada, entre autres", ajoute le communiqué, qui reprend l'acte d'accusation déposé mardi devant la cour fédérale de Manhattan. Les faits qui lui sont reprochés se seraient produits entre 1990 et 2020. Au cours de cette période, Nygard et ses complices présumés, y compris des employés de son groupe, auraient "utilisé la force, la fraude et la coercition pour amener des femmes et des mineurs à avoir des relations sexuelles" avec eux, selon le communiqué. Fin février, la police avait perquisitionné le siège new-yorkais de la société de mode de M. Nygard, accusé de multiples agressions sexuelles. Le New York Times rapportait à l'époque que le bureau du procureur enquêtait depuis cinq mois sur des allégations de trafic sexuel à l'encontre du Canadien. L'homme d'affaires, dont la fortune est estimée par la presse canadienne à quelque 900 millions de dollars canadiens (580 millions d'euros), avait démenti toutes les accusations au New York Times. Une action en nom collectif, sur la base des accusations de viol de plusieurs femmes restées anonymes, a été intentée contre l'homme d'affaires devant un tribunal fédéral new-yorkais en février. (Belga)