L'indépendance de l'Autorité de protection des données (APD) n'est plus garantie, a affirmé en substance sa directrice, Alexandra Jaspar, lundi, dans l'émission Matin Première sur la RTBF. "On doit contrôler l'Etat mais comment faire quand, parmi nous, nous avons des responsables qui travaillent pour l'Etat?", s'est-elle notamment interrogée."Au sein de l'organe qui rend des avis sur les projets de loi, nous sommes sept. Sur ce nombre, quatre personnes travaillent pour l'Etat et sont donc juges et parties", a-t-elle expliqué. "Nous avons écrit une première fois au Parlement en septembre pour l'avertir que nous étions infiltrés par ceux que nous sommes censés contrôlés. Il n'y a eu aucune réaction. En janvier, nous étions toujours dans la même situation. Nous avons donc réécrit au Parlement en lui demandant de lever les mandats illégaux. Sa seule réaction a alors été de réclamer un audit de la Cour des comptes", a poursuivi la responsable en faisant par ailleurs part de son inquiétude face à la gestion des données collectées par l'Etat. "Je suis inquiète et cela fait plusieurs mois que je le suis. Il est tout à fait normal que l'Etat récolte certaines de nos données mais ce qui nous inquiète, c'est que l'Etat est en train de collecter une quantité impressionnante de données qu'il stocke sans baliser les possibilités d'utilisation et de réutilisation futures de ces données", a-t-elle pointé. "On se retrouve donc avec un énorme stock de données et l'Etat ne nous dit pas précisément ce qui pourra en être fait", avec la possibilité que cela conduise à de multiples "dérives", a ajouté Alexandra Jaspar. Cette dernière a enfin regretté que l'APD ne soit pas toujours consultée et que lorsqu'elle l'est "ses avis ne sont généralement pas suivis". (Belga)