Le président iranien Hassan Rohani a assuré mercredi que le "bellicisme" américain échouerait et prévenu que son pays était prêt à réduire encore davantage ses engagements pris dans le cadre de l'accord international de 2015 sur son programme nucléaire. "Les Américains doivent comprendre que le bellicisme ne joue pas en leur faveur (...) et doit être abandonné", a déclaré M. Rohani lors d'une réunion avec son cabinet, selon le compte Twitter du gouvernement. "L'ennemi nous a imposé +une pression maximale". Notre réponse est d'y résister et d'y faire face", a poursuivi le président iranien. Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, des ennemis historiques, sont exacerbées depuis le retrait de Washington en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien. Le texte, qui visait à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, était jugé trop laxiste par le président américain Donald Trump. Washington a depuis rétabli des sanctions draconiennes qui asphyxient l'économie iranienne. En réponse, Téhéran s'est affranchi progressivement de certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015. Mercredi, M. Rohani a affirmé que son pays était prêt à respecter le pacte seulement si les Etats-Unis en faisaient de même. "Nous avons dit à de nombreuses reprises que notre politique (...) était celle d'une technologie (nucléaire) pacifique, et que notre approche du JCPOA (sigle de l'accord, NDLR) reposait sur du respect en échange du respect", a-t-il dit. Le président iranien a affirmé que Téhéran continuerait de se désengager progressivement de l'accord "si c'est essentiel et nécessaire à l'avenir" du pays. Dimanche, l'Iran a annoncé la mise en route de centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d'uranium enrichi, troisième étape de la réduction de ses engagements. Les dernières déclarations du président Rohani interviennent par ailleurs au lendemain de l'annonce par Donald Trump du limogeage de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, connu pur être l'un des plus chauds partisans d'une ligne dure face à l'Iran. "La marginalisation de (John) Bolton et son renvoi ne sont pas un accident, mais un signe clair de la défaite de la stratégie de pression maximale de l'Amérique" contre l'Iran, a tweeté dans la nuit Hesameddin Ashena, un conseiller de Hassan Rohani. (Belga)