Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une Irano-Britannique de 42 ans, a écopé d'une nouvelle peine de prison, a indiqué lundi son avocat à Téhéran. Cette employée de la Fondation Thomson Reuters (branche philanthropique de l'agence de presse du même nom) a été condamnée à un an de prison ferme pour des activités de propagande contre le gouvernement iranien. Elle ne peut pas non plus quitter le pays pendant un an, selon le jugement.Mme Zaghari-Ratcliffe a été arrêtée en 2016 à l'aéroport de Téhéran après une visite à sa famille. Accusée d'avoir comploté pour renverser le régime islamique, ce qu'elle nie farouchement, cette binationale a été condamnée en septembre de la même année à cinq ans d'emprisonnement, peine qu'elle a achevé de purger le 7 mars. Une semaine plus tard, le 14 mars, elle comparaissait à nouveau devant un tribunal de Téhéran pour "propagande contre le système" de la République islamique. Les Iraniens qui émigrent et acquièrent une autre nationalité doivent souvent utiliser leur passeport iranien pour rentrer au pays, devenant des cibles de choix pour les procureurs désireux de combattre toute influence occidentale. Selon son mari britannique Richard Ratcliffe, Nazanin Zaghari-Ratcliffe est prise en otage pour servir les intérêts iraniens sur la scène internationale. Il y a quelques années, les autorités iraniennes avaient proposé de l'échanger contre un Iranien détenu à l'étranger. Lundi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé cette nouvelle condamnation. "Je pense qu'il n'est pas normal du tout que Nazanin soit condamnée à une peine supplémentaire de prison", a déclaré le chef du gouvernement conservateur, assurant que Londres comptait "travailler très dur" pour obtenir sa libération. "C'est une décision complètement inhumaine et injustifiée", a réagi le chef de la diplomatie Dominic Raab dans un communiqué, appelant à sa libération "immédiate". Cette affaire alimente les tensions entre Londres et Téhéran. (Belga)