Outre les Italiens qui ont fui le week-end dernier le nord de l'Italie après sa mise en quarantaine, où ceux qui se ruent pour dévaliser les supermarchés, la majorité de la population réagit calmement au lockdown imposé à l'ensemble du territoire, indique Sophie Massagé, cheffe de l'agence pour le commerce extérieur flamand (FIT) à Rome. "Ils suivent les instructions et considèrent qu'elles sont nécessaires." Sophie Massagé se trouvait lundi soir à l'aéroport de Rome-Fiumicino, peu avant que le gouvernement italien n'étende les mesures d'isolement à toute la péninsule. À l'aéroport, des thermoscans étaient utilisés pour prendre la température des passagers qui avaient de la fièvre et, selon Madame Massagé, il y avait plus de voitures que d'habitude en circulation. "Il régnait un calme bizarre." Une forte hausse des contaminations est attendue dans les prochains jours dans la capitale italienne, avec un pic d'ici une semaine. "Mais l'équipe de FIT (qui est également le point de contact pour les entreprises wallonnes dans la région en vertu d'un accord de coopération entre les agences commerciales régionales, NDLR), se protège" et tout tourne bien, rassure Sophie Massagé. Globalement, les Italiens se montrent compréhensifs face aux mesures de protection, affirme-t-elle. "En dehors de la population du nord de l'Italie qui a fui le week-end dernier, quand les mesures de quarantaine ont été annoncées pour la région, et les Italiens qui dévalisent les supermarchés, les gens sont plutôt calmes. Ils suivent les instructions et considèrent qu'elles sont nécessaires." Ces mesures auront sans aucun doute un important impact économique. Notamment pour la Belgique, puisque l'Italie est la 5e destination des exportations du pays. Il est encore trop tôt pour chiffrer cet impact, et Sophie Massagé affirme que la circulation des marchandises se poursuit. Lundi, la Banque nationale de Belgique rappelait que l'Italie comptait pour près de 5% des exportations totales de notre pays, et que les mesures de quarantaine devraient peser davantage sur la demande d'exportations et accroître les risques baissiers pour l'estimation de la croissance du premier trimestre. "Plus important encore, à l'heure actuelle, les perspectives pour le deuxième trimestre sont bien pires", prévenait-elle encore. (Belga)