L'ONG Défense des enfants international (DEI) a décidé lundi, au premier jour du procès des trois hommes poursuivis devant le tribunal correctionnel de Mons dans le cadre de l'affaire Mawda, de citer l'Etat belge en justice. L'organisation déplore l'absence de l'Etat belge sur le banc des prévenus, estimant que celui-ci porte une "responsabilité écrasante" dans la mort de la petite fille en raison d'une politique migratoire "indécente".Si la justice se penchera sur la culpabilité des trois prévenus comparaissant devant le tribunal correctionnel du Hainaut, elle ne pourra en revanche se prononcer "sur la responsabilité qui semble écrasante des autorités policières, judiciaires et politiques, pour la bonne et simple raison que le parquet a estimé ne pas devoir les mettre à la cause", dénonce DEI Belgique dans un communiqué. "Pourtant, ce drame, qui endeuille une famille pour l'éternité, n'aurait pas pu avoir lieu si le discours et les actes politiques n'avaient pas depuis des années assimilé les migrants à des sous-êtres, indignes de notre accueil et protection", souligne l'organisation. Ainsi, le policier qui a tiré porte une responsabilité très importante, selon Benoît Van Keirsbilck, directeur de DEI Belgique, mais il est "l'exécutant d'une politique migratoire inqualifiable". "Nous estimions devoir attendre au minimum l'ouverture de ce procès pour connaître le positionnement de l'Etat belge dans cette affaire, or il est absent. Ce procès ne va pas aller suffisamment loin", regrette déjà M. Van Keirsbilck. La "déshumanisation" de la population migrante, illustrée, selon l'organisation, par les faits qui se sont déroulés une fois le véhicule transportant Mawda et sa famille immobilisé, "est le fait même d'organes de l'Etat censés rendre justice, protéger la population et singulièrement les plus faibles d'entre eux, les enfants", dénonce DEI Belgique. L'organisation tient également à rappeler que les autres enfants présents dans la camionnette dans la nuit du 16 au 17 mai 2018 "ont tous été arrêtés et maintenus en détention plusieurs heures, avant d'être relâchés dans la nature sans le moindre accompagnement et en contradiction avec les obligations de protection qui incombent à tout Etat qui a ratifié la Convention des droits de l'enfant". (Belga)