Les dirigeants de l'Union européenne se sont accordés, dans la nuit de jeudi à vendredi, pour ouvrir la porte à de nouvelles sanctions contre le régime du président du Bélarus Alexandre Loukachenko, après avoir apaisé Chypre en menaçant de faire de même contre la Turquie.Chypre, confrontée tout comme la Grèce à la pression d'Ankara qui prospecte en Méditerranée orientale pour des gisements d'hydrocarbures, avait lié son feu vert pour de nouvelles sanctions européennes contre le régime du Bélarus à une position ferme de l'UE concernant la Turquie. Son veto n'a été levé qu'après neuf heures de discussions. Le cadre de sanctions européennes décidées il y a quelques semaines contre une quarantaine de responsables bélarusses, accusés par les Européens d'avoir participé à la répression des opposants et falsifié le scrutin présidentiel, pourra donc être mis en œuvre dès vendredi. Le président Loukachenko lui-même ne figure pas parmi ces personnes sanctionnées, a confirmé le président du Conseil, Charles Michel, en plaidant aussi le dialogue. Concernant la Turquie, "notre approche ouvre le chemin à une double stratégie", a exposé M. Michel. "D'une part donner la chance au dialogue politique pour tenter de progresser vers plus de stabilité et de prévisibilité (en Méditerranée orientale, NDLR), et d'autre part exprimer notre fermeté sur nos valeurs et notre soutien à la Grèce et à Chypre". "Nous sommes prêts à nous engager dans un agenda plus positif avec la Turquie, à condition que la Turquie mette un terme à ses actions unilatérales contraires au droit international", a-t-il poursuivi. "En cas de nouvelles actions, l'UE utilisera tous les instruments et options à sa disposition", a prévenu la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. "Nous disposons d'une boîte à outils que nous pouvons utiliser immédiatement. Mais ce n'est pas ce que nous voulons", a-t-elle tempéré en défendant, tout comme M. Michel, la volonté de l'UE de développer un dialogue constructif avec Ankara. (Belga)