L'Union européenne a salué dimanche le refus des Suisses de mettre des entraves à la libre circulation avec l'Union européenne, comme le leur demandait le parti UDC (droite populiste) dans une "votation"."C'est un grand jour pour les relations entre l'Union européenne et la Suisse. Nous saluons les résultats du vote populaire et nous nous réjouissons de poursuivre notre étroite collaboration. Le peuple helvétique s'est prononcé en envoyant un message clair: ensemble, nous avons un bel avenir devant nous", a tweeté le président du Conseil européen, Charles Michel. La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que 1,4 million de citoyens de l'Union européenne vivaient en Suisse et 450.000 Suisses dans l'Union. De plus, 320.000 citoyens de l'Union franchissent la frontière chaque jour pour aller travailler en Suisse. "Les citoyens suisses ont montré aujourd'hui la valeur qu'ils accordent à ces liens", a-t-elle souligné. Les Suisses ont dit non à une large majorité dimanche à une limitation de l'immigration des ressortissants de l'Union européenne, selon les projections publiées peu après la clôture des bureaux de vote. La droite populiste, qui estime que la Suisse "subit une immigration incontrôlée et démesurée" et que les "emplois sont menacés", voulait résilier l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) signé en 1999 avec l'Union européenne. Les autres partis et les milieux économiques se sont fermement prononcés en faveur de frontières ouvertes avec une UE qui est le plus important partenaire commercial de la Suisse. Et les régions frontalières dépendent fortement de la main d'oeuvre venue des pays voisins membres de l'UE. Depuis plusieurs années, l'UE souhaite conclure un accord-cadre institutionnel avec Berne pour simplifier les relations bilatérales. Cet accord est loin de faire l'unanimité en Suisse, à gauche comme à droite. Il y a seulement six ans, les Suisses avaient approuvé, à une très courte majorité mais à la suprise des experts, une première initiative populaire de l'UDC réintroduisant des quotas de migrants, notamment européens. Craignant des représailles de l'UE, Berne avait adouci le texte de mise en oeuvre de l'initiative: adopté en 2016 par le parlement, il donne une préférence nationale à l'embauche et établit des formalités supplémentaires pour les employeurs basés en Suisse voulant faire venir des employés européens. En 1992, les Suisses avaient également voté "non" à l'entrée de leur pays dans l'Espace économique européen, un accord signé par les Etats membres de la Communauté européenne, l'ancêtre de l'UE, et les pays membres de l'Association européenne de libre-échange (AELE). Depuis, Berne et Bruxelles ont signé plusieurs accords bilatéraux. Un premier paquet de sept accords, incluant l'ALCP, a été validé par le peuple suisse en 2000 par 67,2 % des voix. (Belga)