La Commission européenne va réclamer aux plateformes numériques comme Facebook, Twitter ou Google la transparence sur la manière dont leurs algorithmes recommandent du contenu, afin de "protéger notre démocratie", a annoncé vendredi la vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager. "Nous ne pouvons pas laisser les décisions qui affectent l'avenir de notre démocratie être prises dans le secret de quelques conseils d'administration d'entreprises", a déclaré la Danoise lors d'un discours devant l'organisation AlgorithmWatch. Mme Vestager a expliqué que la future directive sur les services numériques ("Digital Services Act"), que la Commission doit présenter en décembre, donnerait "à tous les services numériques le devoir de coopérer avec les régulateurs" et que les grandes plateformes devront "fournir plus d'informations sur le fonctionnement de leurs algorithmes lorsque les régulateurs le demandent". Ces plateformes devront "dire aux utilisateurs comment leurs systèmes de recommandation décident du contenu à montrer", ce qui leur permettra "de juger" s'ils doivent "faire confiance à la vision du monde qu'elles donnent". Elles devront aussi "fournir des rapports réguliers sur le contenu des outils de modération qu'elles utilisent" et "de meilleures informations sur les publicités que nous voyons", afin d'avoir "une meilleure idée de qui essaie de nous influencer". Les algorithmes des géants du numérique sont régulièrement pointés du doigt. Certains ont déjà été manipulés, comme ce fut le cas avec Facebook lors du dernier scrutin présidentiel aux Etats-Unis et du référendum sur le Brexit au Royaume-Uni. "Lorsque les systèmes de recommandation choisissent les informations à promouvoir et celles à cacher, ils affectent profondément ce que nous savons sur le monde", a souligne vendredi Margrethe Vestager. "Tout cela ressemble un peu au Truman Show, ce film où Jim Carrey vit dans un monde qu'il croit réel, mais qui n'est en fait que le décor d'une émission de télévision. Le monde que nous voyons à travers ces plateformes semble si réel qu'il peut être difficile de se rappeler qu'il est en fait construit à travers les choix que font les algorithmes sur ce que nous devrions voir". (Belga)