La Suisse ne manipule "en aucun cas" sa monnaie, a affirmé mercredi la Banque centrale suisse, rejetant fermement les accusations du Trésor américain selon lesquelles la Suisse et le Vietnam utilisent leurs monnaies pour en tirer un avantage commercial indu.La Banque nationale suisse (BNS) et les autorités suisses "restent en contact avec les autorités américaines afin de leur expliquer la situation économique et la politique monétaire de notre pays", a indiqué la BNS dans un communiqué, insistant sur le fait que ses interventions sur les marchés s'inscrivent dans le cadre de sa politique monétaire et ne visent pas "à obtenir un avantage compétitif injustifié". Selon un porte-parole, la politique monétaire suisse a besoin de ces interventions "pour garantir des conditions monétaires appropriées et, par là même, la stabilité des prix en Suisse". "Étant donné la situation économique et le niveau toujours élevé du franc, la BNS reste disposée à intervenir de manière accrue sur le marché des changes", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont accusé mercredi la Suisse et le Vietnam de manipuler leurs monnaies pour en tirer un avantage commercial indu et ont placé sous surveillance dix pays dont l'Allemagne, la Chine, le Japon, et la Corée. Deux fois par an, le Trésor américain examine la situation des 20 principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis. La Suisse exporte notamment montres de luxe, chocolats et services financiers vers les Etats-Unis. Washington va maintenant s'atteler "à éliminer les pratiques qui ont créé un avantage commercial injuste" en faveur du Vietnam et de la Suisse, a souligné le Trésor qui avait placé en janvier dernier la Suisse sous surveillance. Le déficit du commerce des biens et services des Etats-Unis avec la Suisse était de 5 milliards de dollars en 2019, selon les données du représentant américain au Commerce (USTR). Le déficit commercial avec le Vietnam était bien plus important: 54,5 milliards, selon la même source. L'action du Trésor prise mercredi est principalement symbolique. Selon la loi, les désignations déclenchent des négociations qui pourraient éventuellement conduire à l'imposition de tarifs, mais il n'y a pas de sanction automatique. (Belga)