La Belgique est appelée à faire davantage dans le domaine de la violence à l'égard des femmes, selon le rapport, publié lundi, du Grevio, l'organe qui est chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique (Convention d'Istanbul). Les experts estiment notamment que la violence aux femmes doit être plus visible dans les politiques nationales contre la violence. Mais ils appellent également à une meilleure collaboration dans le domaine entre les différents gouvernements. Le groupe d'experts constate tout d'abord "une relative invisibilisation", au sein des politiques du pays, des violences fondées sur le genre contre les femmes. La neutralité du point de vue du genre dans les intitulés de lois, circulaires ou plans d'action se prolonge - voire est aggravée - par une tendance à mettre sur le même plan les femmes et les hommes parmi les personnes victimes et autrices des violences couvertes par la Convention, selon eux. "Les politiques neutres du point de vue du genre comportent le risque que les interventions des professionnels et des professionnelles ne tiennent pas compte de la dimension de genre, ce qui peut conduire à des lacunes dans la protection et le soutien des femmes", selon le rapport. Depuis l'adoption du premier plan d'action national en 2001, des progrès importants ont été accomplis, tiennent à souligner les experts. Mais ils soulèvent toutefois des divergences dans la coordination des politiques entre les gouvernements francophone et flamand. Le rapport souligne donc la nécessité d'établir un espace de coordination et de dialogue "central et transversal qui soit durable et commun à l'ensemble des parties prenantes, ainsi que de renforcer la coordination à tous les niveaux du pouvoir." Quant à l'organe national de coordination (l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes), il est nécessaire de renforcer l'autorité et les moyens dont il a besoin pour exercer ses missions, d'après le Grevio. Les experts soulignent également la tendance à la baisse et/ou l'insuffisance des moyens financiers consacrés aux politiques contre les violences faites aux femmes. Le rapport attire l'attention des autorités sur l'insécurité financière à laquelle ces associations font face, faute de financements structurels suffisamment développés et adaptés à leurs besoins. Enfin, le rapport indique que les refuges et les maisons d'accueil en Wallonie ne sont pas en nombre suffisant de ne couvrent pas la totalité du territoire, surtout dans les zones rurales. Quant à la Flandre, les refuges n'auraient connu aucun élargissement de leur capacité ces dernières années, en raison notamment de politiques donnant priorité à l'approche ambulatoire par rapport à l'accueil spécialisé en refuge. (Belga)