Le centre fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) ne recommande de pratiquer une chirurgie de l'obésité chez des jeunes de moins de 18 ans qu'"en cas de nécessité médicale majeure" et plaide pour que le remboursement de telles interventions "demeure tout à fait exceptionnel", indique-t-il dans un rapport publié jeudi. Cela alors que l'obésité est en augmentation constante à travers le monde et concerne en Belgique 3 à 5% des enfants et adolescents. La chirurgie de l'obésité, également appelée "chirurgie bariatrique et métabolique", est remboursée par l'assurance maladie en Belgique depuis 2007, pour les adultes dont l'indice de masse corporelle (BMI) est d'au moins 40 (obésité morbide), ou d'au moins 35 (obésité sévère) si la personne présente un diabète de type 2. Les autorités sanitaires envisagent toutefois d'élargir le remboursement de telles opérations à d'autres groupes cibles, parmi lesquels les jeunes de moins de 18 ans. C'est pourquoi le KCE a été chargé d'examiner, en collaboration avec l'Agence intermutualiste, l'efficacité, les risques et complications, ainsi que le rapport coût-efficacité de ces interventions. "Chez la majorité des personnes opérées, la chirurgie bariatrique permet (...) de perdre presque 18 kilos de plus - par rapport à un traitement non chirurgical - la première année, pour atteindre 28 kilos après deux ans", ressort-il notamment de l'analyse du KCE. En 2016, plus de 13.000 opérations pour perdre du poids ont ainsi été réalisées en Belgique, soit une augmentation de plus de 80% au cours des sept dernières années. Les adolescents représentent 3 à 5% des patients. Ils sont principalement âgés de 16 ou 17 ans et atteints d'obésité sévère ou morbide, souvent associée à de l'hypertension artérielle ou du diabète. "Chez ces jeunes, la chirurgie bariatrique permet des pertes de poids similaires à celles des adultes. Il faut toutefois rester prudent à cet égard car il n'existe pas beaucoup d'études de bonne qualité à leur sujet, et il s'agit de données internationales provenant d'hôpitaux spécialisés, qui ne sont pas nécessairement transposables à des équipes moins expérimentées", relève le KCE qui souligne que ces interventions ont été réalisées chez des adolescents qui avaient (presque) terminé leur croissance. "Le remboursement de la chirurgie bariatrique pour des adolescents devrait donc demeurer tout à fait exceptionnel. Tant que l'on ne dispose pas de preuves scientifiques fiables pour ce type de patients, ces opérations ne devraient être effectuées qu'en cas de nécessité médicale majeure, par des équipes multidisciplinaires et dans des centres spécialisés", insiste le KCE. (Belga)