La Commission européenne a adopté mardi son "plan d'action pour une meilleure mise en oeuvre et un meilleur respect des règles du marché unique", dans le cadre d'un vaste "paquet" d'initiatives censé matérialiser sa stratégie globale pour l'industrie européenne.Le marché unique est "la réalisation la plus exceptionnelle de l'Union", dont il faut s'assurer d'un fonctionnement optimal, a souligné Thierry Breton au moment de présenter cette stratégie aux côtés de ses collègues commissaires Valdis Dombrovskis et Margrethe Vestager. Or, "70% des sociétés indiquent qu'elles trouvent que le marché unique n'est pas suffisamment intégré", commente cette dernière. La faute a de nombreux "obstacles" qui entravent les activités transfrontières, que l'exécutif européen a analysés et dont il identifie une série de "causes profondes". Parmi celles-ci figurent la tendance des États à établir des règles nationales (trop) restrictives et complexes (ajout de différentes procédures, restrictions, etc.), ou encore les cas de violation, ou de transposition ou application inadéquate, incomplète ou variable des règles de l'UE. Pour démanteler une partie de ces obstacles, une task force avec des représentants de la Commission et des États membres va être créée, spécialement chargée du respect des règles du marché unique (Single Market Enforcement Task-Force). Elle devra entre autres évaluer si les législations nationales, et même leur application concrète sur le terrain, sont conformes aux règles du marché unique. Elle devra aussi agir de manière préventive dès la source. Dans le futur, la Commission adoptera chaque année un rapport stratégique sur le respect des règles du marché unique, "qui mettra en lumière les domaines spécifiques suscitant des préoccupations". Un marché unique plus efficace et intégré, dont on supprimerait les entraves, sera synonyme de croissance dans les services et l'industrie, et in fine d'une augmentation du PIB de l'UE estimée à environ 12%, selon la Commission. Le vaste paquet "industrie" présenté mardi comprend par ailleurs un volet spécifique dédié aux PME. La Commission a ainsi décidé de désigner un haut représentant de l'UE pour les PME, qui chapeautera le réseau formé par les représentants nationaux des petites et moyennes entreprises. Ce haut représentant aura lui aussi un rôle à jouer dans la task-force sur le respect des règles du marché unique. Les stratégies "industrie" et "PME" de la Commission, qui ont pour objet de soutenir globalement l'industrie et les entreprises dans les transitions numérique et "verte", ont en tout cas été saluées dès mardi soir par le ministre wallon de l'économie Willy Borsus. Ce dernier souligne que les PME fournissent deux emplois sur trois dans l'UE. "La Wallonie s'inscrit parfaitement" dans la stratégie de la Commission. "Nous avons la même ambition pour notre Région: réussir la transition numérique, industrielle et verte", assure-t-il. (Belga)