La Commission européenne a présenté mercredi sa proposition de loi climat, appelée à ancrer juridiquement l'objectif d'une Union européenne climatiquement neutre en 2050, qui est au cœur de son Pacte vert de transformation de l'économie du continent. "Cet acte apportera de la prévisibilité et de la transparence à l'industrie et aux investisseurs européens. En outre, il imprimera une orientation à notre stratégie de croissance verte et garantira que la transition sera progressive et équitable", a souligné la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans un communiqué. Lorsque cette loi verra le jour après son adoption au Parlement et au Conseil (États membres), elle obligera les institutions européennes et les États membres à prendre les mesures nécessaires pour rencontrer l'objectif de "zéro émission nette" de gaz à effet de serre, qui sont le moteur du réchauffement climatique. Cette proposition législative comprend des mesures pour suivre les progrès tous les cinq ans et ajuster les actions en conséquence, conformément à l'exercice de bilan mondial de l'Accord de Paris. La Commission n'a cependant pas fixé dès ce mercredi d'objectifs pour 2030. Elle se contente d'annoncer une nouvelle proposition pour juin 2021, une fois terminée une évaluation qui sera lancée en septembre. Cette proposition devra indiquer comment la Commission entend renforcer l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à -50% voire à -55% par rapport à leur niveau de 1990, alors que cet objectif est actuellement à -40%. Avant même sa publication, la proposition a été vertement critiquée par la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, qui était pourtant reçue en matinée par l'exécutif européen avant de débattre dans l'après-midi avec le Parlement. "Des émissions nettes nulles d'ici 2050 pour l'UE, cela équivaut à une capitulation", a-t-elle écrit dans une lettre ouverte avec 33 autres jeunes activistes pour le climat. "Cela signifie abandonner. Nous n'avons pas seulement besoin d'objectifs pour 2030 ou 2050. Nous en avons surtout besoin pour 2020 et tous les mois et années à venir", selon les rédacteurs de cette lettre parue sur le site environnemental CarbonBrief. (Belga)