Les dépenses des ménages wallons pour les produits alimentaires issus de l'agriculture biologique ont atteint 366 millions d'euros en 2019, soit une augmentation de 87% par rapport à 2015. La consommation de ce type de produits a permis le développement d'un marché à part entière, selon des chiffres publiés lundi par la Wallonie (État de l'environnement wallon). La consommation de produits bio est cependant encore loin d'être accessible à tous. Les dépenses des ménages pour les produits alimentaires issus de l'agriculture biologique représentaient, en 2019, une part de marché de 4,9% des dépenses alimentaires totales des ménages wallons, selon plusieurs enquêtes de l'institut d'études de marché et d'audit marketing GfK, citées par l'État de l'environnement wallon. Les parts de marché des substituts de viandes, des oeufs et des légumes frais ont respectivement atteint 32%, 23,9% et 13,5% au cours de l'année dernière. Les fruits frais ont quant à eux connu une progression importante pour atteindre 11,2% de parts de marché en 2019. La part de marché des magasins spécialisés 'bio' a connu une croissance de 82%, principalement au détriment des supermarchés généralistes, dont la part de marché pour l'achat de ce type de produits a baissé de 29%. Pas moins de 81% des dépenses des ménages semblent cependant avoir été effectuées par les 20% des ménages wallons qui consomment le plus de produits issus de l'agriculture biologique. Si ces derniers consacrent 15,6% de leur budget alimentaire annuel aux aliments bio, la moitié des ménages consommant le moins de produits de ce type y ont consacré seulement 0,7% de leur budget annuel. L'analyse du profil des consommateurs indique par ailleurs que le marché du 'bio' est entraîné par les ménages disposant de revenus supérieurs à la moyenne, les ménages de taille moyenne (de deux à trois personnes) et ceux dont la personne de référence (celle qui enregistre tous les actes d'achat) est âgée de plus de 50 ans. Les écarts de prix persistant entre les aliments bio et les produits conventionnels équivalents peuvent s'expliquer par la nature du processus de production propre à l'agriculture biologique, peut-on encore lire dans le rapport publié sur le site web de l'État de l'environnement wallon. "Pour certaines catégories d'aliments, comme les oeufs, le lait et les pommes de terre, les écarts de prix ont sensiblement diminué depuis 2010, alors que la tendance inverse s'observe pour les viandes et les fromages à pâte dure et semi-dure." (Belga)