Les conseils de l'État belge ont demandé à la cour d'appel de Bruxelles, lundi matin, de réformer la décision qui enjoint l'État à mettre un terme à l'illégalité apparente des "mesures Covid", rendue en référé le 31 mars dernier, par le tribunal civil.Selon eux, la base légale sur laquelle se fondent les arrêtés ministériels qui restreignent les libertés individuelles dans le cadre de la lutte contre le coronavirus est suffisante. De leur côté, les avocates de la Ligue des droits humains (LDH) et de la Liga voor mensenrechten, qui avaient introduit le recours contre l'État, ont réitéré leur demande principale: faire interdiction à l'État de prendre toute mesure qui viserait à appliquer les arrêtés ministériels en question et faire retirer les mesures déjà prises en exécution de ces arrêtés. L'ordonnance rendue par le tribunal pose plusieurs problèmes, selon les conseils de l'État belge, à commencer par celui du pouvoir de juridiction. "Seul le Conseil d'État est compétent pour annuler un acte administratif. La LDH avait dans un premier temps introduit un recours devant le Conseil d'État, qui l'a rejeté", a plaidé Me Emmanuel Jacubowitz. Les conseils de la LDH et de la Liga ont répliqué que le premier juge ne s'était pas substitué au Conseil d'État puisqu'il n'avait pas annulé les arrêtés litigieux, mais qu'il avait enjoint le gouvernement à mettre un terme à l'illégalité apparente découlant des mesures restrictives des libertés individuelles. "Avant de parler de pouvoir de juridiction et de séparation des pouvoirs, parlons de l'État de droit", a plaidé Me Audrey Lackner. "L'État sait pertinemment bien qu'il n'y a pas de base légale", a ajouté Me Audrey Despontin. (Belga)