La filiale malaisienne de la banque d'affaires Goldman Sachs a plaidé coupable jeudi, devant une juge new-yorkaise, pour son rôle dans le vaste scandale de corruption du fonds souverain malaisien 1MDB. Des milliards de dollars avaient été détournés de ce fonds souverain, censé contribuer au développement économique de la Malaisie. La firme américaine est accusée d'y avoir participé en organisant des émissions d'obligations d'un montant total de 6,5 milliards de dollars. Ce plaider coupable signifie que la filiale asiatique de Goldman Sachs verra son champ d'activités limité ou ne pourra plus en exercer certaines. Il fait partie d'un accord plus large conclu entre la banque et le département de la Justice (DoJ), qui doit être annoncé plus tard dans la journée et devrait inclure une lourde pénalité financière. Cet accord prévoit aussi que la maison mère, Goldman Sachs, ne soit pas poursuivie par les autorités américaines mais s'engage à respecter certaines conditions pendant trois ans et demi. Cela n'empêche toutefois pas des parties s'estimant lésées - les investisseurs ou des particuliers - de poursuivre la firme new-yorkaise. Les représentants de Goldman Sachs présents à l'audience ont indiqué qu'ils allaient accepter ces conditions. La banque a déjà été sanctionnée dans cette affaire politico-financière et l'ardoise risque de continuer à grimper. Goldman Sachs a en effet versé le mois dernier à la Malaisie 2,5 milliards de dollars dans le cadre d'un accord à l'amiable qui doit solder l'enquête dans le pays. Elle a aussi garanti qu'au moins 1,4 milliard de fonds détournés du fonds 1MDB seraient récupérés. L'autorité de régulation financière de Hong Kong a de son côté annoncé jeudi avoir infligé une amende de 2,71 milliards de dollars hongkongais (350 millions de dollars) à la banque d'affaires. Côté politique, l'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak, dont la coalition a perdu les élections en 2018 en grande partie à cause de la colère des électeurs choqués par ce scandale, a été condamné à 12 ans de prison dans un premier procès tenu à l'été. Il est en liberté conditionnelle en attendant un procès en appel. (Belga)