Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a souhaité jeudi l'accélération des procédures pour la construction d'un nouveau camp sur l'île de Lesbos, où plus de 7.000 demandeurs d'asile vivent actuellement dans des conditions difficiles dans une structure temporaire.M. Mitsotakis effectuait sa première visite dans le camp temporaire de Lesbos, après les incendies qui avaient ravagé en septembre le grand camp insalubre de Moria, surnommé "l'enfer". Le gouvernement avait promis depuis longtemps la construction d'un nouveau camp pour remplacer Moria mais sa construction s'était heurtée à l'opposition des habitants et des autorités locales, lassés par la présence des demandeurs d'asile sur leur île depuis la crise migratoire de 2015. "Nous avons promis qu'on allait fermer Moria" mais "on n'avait pas bien sûr imaginé sa fermeture de cette façon (...) espérons que tout arrive pour une raison", a déclaré le Premier ministre, cité dans un communiqué de ses services après sa visite dans le camp temporaire où l'accès aux médias était interdit. Evoquant le soutien de l'Union européenne qui va financer le nouveau camp, le Premier ministre s'est félicité du fait que les autorités locales aient finalement approuvé le terrain où sera construit le nouveau camp. Il a exprimé l'espoir de voir "l'accélération des procédures d'appel d'offres pour une structure meilleure qui offrira une solution permanente", selon le communiqué. Le Premier ministre a également félicité la police portuaire pour "les contrôles 24h/24 aux frontières maritimes du pays face à la Turquie". Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis juillet 2019, a placé comme priorité "la sécurité" aux frontières, et a augmenté le nombre de patrouilles, ce qui a entraîné la réduction du nombre d'arrivées en 2020, selon lui. Toutefois, l'UE et le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU ont à plusieurs reprises appelé le gouvernement grec à enquêter sur les nombreuses accusations de refoulements illégaux des migrants aux frontières maritimes et terrestres du pays, révélés dans des enquêtes journalistiques et par des ONG. Kyriakos Mitsotakis et son ministre des Migrations Notis Mitarachi ont toujours démenti ces pratiques illégales, contraires au droit international. (Belga)