La patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir, n'a pas mâché ses mots à l'adresse du ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet. Dans un courrier qu'elle a adressé mardi au ministre, elle s'insurge contre son attitude dans le dossier de la fermeture des guichets des gares et estime que la confiance entre eux est rompue.L'opérateur des chemins de fer a annoncé lundi qu'il fermerait progressivement 44 guichets. La décision avalisée par le conseil d'administration a été dénoncée par les syndicats, l'association Navetteurs.be et, dans les rangs politiques, aussi bien par l'opposition qui a ciblé Ecolo que par plusieurs sections locales des Verts. Dans un communiqué, M. Gilkinet indiquait qu'il avait demandé des garanties mais ne remettait pas en cause la décision elle-même. Mardi, le coprésident d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, interrogé sur Bel-RTL, faisait entendre un autre son de cloche: il faut corriger la décision, indiquait-il. Et dans la journée, le ministre envoyait un nouveau communiqué pour faire savoir qu'il désapprouvait la décision de la SNCB et qu'il demandait un moratoire sur la fermeture des guichets. Or, selon ce courrier en date du 2 février de Mme Dutordoir et que la RTBF a publié jeudi, le ministre a été mis au courant des projets de la SNCB dès le 7 octobre. Plusieurs entretiens et réunions ont suivi, y compris un conseil d'administration où un commissaire du gouvernement était présent, et une discussion entre la patronne de la SNCB et le ministre dimanche passé, au cours de laquelle les modalités de la décision ont été fixées. "Dans ce contexte global, j'estime que votre nouveau courrier, entretemps complété par un désaveu public, est incompréhensible tant au niveau du fond que du timing. Cette initiative qui n'a pas été annoncée a provoqué chez moi une rupture de confiance profonde. J'en ferai part au conseil d'administration", conclut le courrier de Mme Dutordoir. (Belga)